L'Espagne a vécu plusieurs années consécutives d'incendies meurtriers et dévastateurs, donc ces traumatismes successifs ne pouvaient qu'inspirer une histoire dramatique.
Cette dernière part plutôt bien mal avec les longs tunnels dialogués et la mise en place de personnages en totale contradiction avec ce qu'ils vont devenir et faire plus tard. En effet, les relations entre eux sont est feutrées, entourées de non-dits et de sourires contraints, bref c'est la gentille famille qui se serre fort les coudes après un deuil.
Jusqu'à ce que la petite peste de service, après une énième altercation avec son cousin, parte dans la forêt pour se recueillir dans la cabane construite par son défunt père. Sauf que l'incendie qui sert de deus ex machina s'approche dangeureusement de la maison qu'elle allait quitter avec sa famille.
Et ça continue dans un registre aussi imbuvable, mais d'un autre style, par la montée en panique de celle-ci face au drame à laquelle elle se trouve confrontée. On peut comprendre facilement que la disparition d'une gamine dans un tel contexte soit aussi difficile à admettre et supporter. Mais le réalisateur a la main tellement lourde dans le pathos et la musique sur signifiante qu'il commence lentement mais sûrement à flinguer son film.
Heureusement, au bout de 32 longues minutes, un twist relativement habile vient nous tirer de la torpeur qui commençait à nous guetter. En effet, et si le babos d'à côté était impliqué dans la disparition de la petite ? Le type, a priori sympa, est un genre d'ermite dont on apprend vite que sa communion avec la nature ne se limite pas à l'observation de la faune et la flore. En plus, c'est le dernier à avoir vu la gosse et re en plus, il détient le bracelet dont dixit sa maman, elle ne se sépare jamais.
Les grosses bavures de réalisation entr'aperçues auparavant vont alors devenir le seul moyen de faire avancer l'intrigue. Ainsi, l'attitude complètement hystérique face aux dénégations du coupable idéal, filmée par une caméra épilectico-parkinsonnienne, nous mène tout droit vers un nouveau film genre "Les sept jours du talion". On se dit alors, vu la capacité d'écoute de la mère et du tonton, que ça va charcler gravement pour l'homme des bois, d'autant qu'une révélation sur ses pratiques médicales va encore jeter un peu d'huile sur le feu.
Après un flash back explicatif, c'est reparti pour la tremblotte, les hurlements et un règlement de comptes sur fond de flammes.
Et là bizarrement, on se dit que le film va sortir des sentiers bien balisés des productions Netflix.
Et ben encore non, un nouveau twist vient renverser la logique en cours pour nous amener vers une conclusion que certains trouveront bêtifiante alors que d'autres la trouveront formidable.
Donc, un film qui a le cul entre deux chaises car il pose des situations et des questions auxquelles personne n'aimerait être confronté mais qui, dans sa mise en scène criarde et sur-découpée, heurtera certains yeux fatigués et estomacs fragiles.