Intriguant mais pas passionnant.
Comme Ralph Fiennes le dit dans le making of, le scénario surprend parce qu'on ne sait pas trop où ça mène. Et c'est bien là la faiblesse à mon avis : il manque un objectif principal qui permettrait d'anticiper l'intrigue, de caler des repères pour les spectateurs. Le tout paraît gentiment anecdotique simplement parce que ça se déroule sans trop savoir où on va que le tout paraît décousu ; aussi parce que certaines scènes ne sont passez poussées et que la réflexion est assez primaire (quand on voit enfin les conséquences du coup d'état, on se dit que c'est pas une mauvaise idée mais que ça reste un constat assez facile et faiblement mis en place). Le personnage principal est baladé tout le long du film, il n'a pas de personnalité, à aucun moment l'auteur ne permet de vraiment pénétrer son état d'esprit. Ses réactions et son évolution nous sont donc inaccessibles. Il reste tout de même des moments intéressants, des moments forts je dirais même. Mais ce n'est pas suffisant. L'humour sauve beaucoup le film : c'est assez inattendu en plus étant donné que l'affiche ne laisse pas du tout présager un tel mélange des genres.
Pour un premier long-métrage de fiction, on peut dire que Robert Edwards se débrouille très bien. Certainement parce qu'il a pu se faire la main sur des documentaires et des courts-métrages. Il propose une vision intéressante. Tout n'est pas réussi, notamment lorsqu'il filme les manifestations, on sent directement un manque de budget. L'on retiendra surtout les quelques conversations entre Fiennes et Sutherland, le champ-contrechamp y est bien employé. La lumière est bien travaillée dans certaines séquences. Le casting est globalement bon. les effets spéciaux réussis.
Bref, c'est vraiment le scénario qui pose problème : on y trouve de bonnes idées mais le tout est mal développé.