Avant de commencer cette critique, j'ai une petite question : êtes-vous prêt pour une bonne dose de nostalgie ? En effet, quoi de mieux que de vous faire partager la citation de l'inoubliable voix off de la bande-annonce française de Coups pour coups, avec cette voix grave et théâtrale qui faisait vibrer les bandes-annonces des années 80 et 90. À elle seule, elle résume tout le charme d'une époque où les bandes-annonces savaient vendre du rêve.

Toute une époque :

« Il a commencé par pulvériser le suprême champion du sport le plus violent qui puisse exister. Ensuite, il anéanti tous ses adversaires au cours d'une compétition où on ne se bats pas pour la frime. Maintenant, il affronte une nouvelle épeuvre. Seulement, cette fois, il n'y a aucune règle. Et personne ne plaisante. Burke, c'est Van Damme ! Il à la mission la plus dangereuse qu'un flic puisse accomplir. Il n'a plus aucune protection. Les chances sont inégales. "Bienvenu en enfer !" Van Damme, est toujours prêt, à se battre ! »




Van Damme face aux monstres de l'enfer carcéral



En 1990, le réalisateur Deran Sarafian propose avec Coups pour coups un polar d'infiltration conjuguant thriller carcéral et film d'action musclé. Un film atypique dans la filmographie de Jean-Claude Van Damme, du moins à l'époque, puisque le comédien reviendra sur le milieu carcéral en 2003 avec In Hell, réalisé par Ringo Lam. L'histoire suit Louis Burke (Jean Claude Van Damme), un policier réputé pour avoir arrêté l'un des criminels les plus dangereux du pays. Chargé d'enquêter sur une série de morts suspectes au sein du pénitencier de Harrison, il se fait volontairement incarcérer afin de découvrir ce qui se cache derrière ces mystérieux décès. Très vite, son enquête le conduit à mettre au jour un trafic d'organes particulièrement sordide avec des condamnés à perpétuité ou à mort sont exécutés puis disséqués afin d'alimenter un commerce clandestin aussi lucratif qu'abject. Un scénario relativement simple dans sa construction mais demeurant particulièrement efficace. On reconnaît déjà la patte du scénariste David S. Goyer qui, bien avant ses futurs succès hollywoodiens, livre ici une intrigue directe, efficace et suffisamment originale pour se démarquer du tout-venant de l'action des années 1990. Il évite de s'éparpiller dans des intrigues secondaires superflues via un rythme soutenu où les événements s'enchaînent rapidement sans jamais compromettre la cohérence du récit, le tout en seulement 89 minutes.



Malgré cette restriction de durée de vie, le film parvient à développer un univers carcéral étonnamment riche, où la prison se présente comme une véritable ville dans la ville. Un lieu frissonnant avec ses règles, ses différents quartiers atypiques, ses clans, ses légendes urbaines, et ses zones d'ombre, offrant un univers oppressant où la loi du plus fort règne derrière les barreaux. Certaines séquences, notamment celles liées au mystérieux Prêtre (Abdul Salaam El Razzac), donnent presque l'impression de basculer dans un univers vaudou ou ésotérique. Une ambiance étrange qui apporte une personnalité unique au film et enrichit considérablement son décor carcéral. Techniquement, la mise en scène de Deran Sarafian n'a rien de révolutionnaire, on sent parfois les limites budgétaires de la production et certains plans trahissent les origines modestes du projet. Pourtant, le cinéaste s'en sort avec les honneurs. Là où beaucoup de téléfilms d'action de l'époque souffraient d'une réalisation plate et impersonnelle, Coups pour coups parvient à donner l'illusion d'un véritable film de cinéma. L'ambiance est travaillée, les décors sont exploités intelligemment et la photographie de Russell Carpenter contribue grandement à renforcer cette impression. Les éclairages froids, les couloirs sombres et les cellules étouffantes participent à créer une atmosphère sale et menaçante qui colle parfaitement au sujet.



Une petite réussite qui doit également beaucoup au producteur Mark DiSalle, collaborateur régulier de Van Damme à cette époque. Il a su réunir autour du projet des techniciens compétents capables de tirer le meilleur parti d'un budget très limité. Et puis, il y a ce petit parfum de nostalgie supplémentaire apporté par la présence de la légendaire Metro-Goldwyn-Mayer. Fondée en 1924, la MGM est l'un des studios les plus prestigieux de l'histoire d'Hollywood, célèbre pour son emblème au lion rugissant qui a accompagné des générations de cinéphiles. Voir ce logo apparaître avant le film me procure toujours un petit effet de madeleine de Proust qui rappelle une époque où l'on découvrait ces films d'action en VHS ou lors de diffusions télévisées tardives. La musique composée par Gary Chang remplit correctement son rôle. Sans atteindre le statut de bande originale mémorable, elle accompagne efficacement les scènes de tension et les affrontements sans jamais devenir envahissante. Elle participe à l'atmosphère générale du film sans réellement marquer durablement les esprits. On retiendra davantage les dialogues, avec certaines répliques... comment dire... Je vous laisse juger :




- Fais tes prières, bamboula.
- Va donc te faire enculer, espèce de pédé.



Le véritable moteur du long métrage reste évidemment Jean-Claude Van Damme. Dans le rôle de Louis Burke, l'acteur belge dégage une présence impressionnante. Plus massif que dans certains de ses autres films, il incarne un flic dur à cuire particulièrement crédible dans cet environnement carcéral hostile. Son charisme naturel fait merveille et il impose immédiatement le respect face aux détenus comme aux gardiens. Je pense en particulier à la séquence lors de laquelle le comédien hurle : « Allez, viens !!!!!!… », les bras relevés en mode biceps saillants mains fermes. Les scènes de combat comptent parmi les plus brutales de sa carrière. Les affrontements sont secs, nerveux et donnent réellement l'impression que chaque coup fait mal. Le duel final entre Jean-Claude Van Damme et Patrick Kilpatrick est d'ailleurs l'un de mes préférés de toute la filmographie de Van Damme. Un combat violent, intense et particulièrement brutal pour l'époque, qui constitue une conclusion spectaculaire à cette descente aux enfers. Et pour bien mettre en avant l'acteur de manière crédible dans cet univers impitoyable, on l'entoure d'une galerie impressionnante de "sales gueules" du cinéma américain. Art LaFleur compose un sergent DeGraf autoritaire et intimidant qui dirige la prison d'une main de fer. Son visage buriné et son attitude constamment menaçante renforcent l'atmosphère oppressante du pénitencier.



Celui qui marque le plus les esprits demeure sans doute Patrick Kilpatrick dans le rôle de Christian Naylor, surnommé "Le Démon". Véritable incarnation du mal, il possède une présence inquiétante qui suffit à mettre mal à l'aise. Lorsque j'étais enfant, ce personnage me faisait sincèrement peur. Son regard, son comportement imprévisible et sa violence permanente en faisaient un antagoniste particulièrement marquant. On peut toutefois regretter qu'il soit traité de façon bien trop superficielle, étant seulement présent au début et à la fin du récit, car il aurait mérité davantage de développement psychologique. Malgré cela, il reste une excellente figure de méchant que l'on prend un immense plaisir à voir affronter le héros. À ses côtés, Abdul Salaam El Razzac apporte beaucoup de mystère au personnage du Prêtre. Son charisme naturel et son aura presque surnaturelle contribuent largement à l'étrangeté du film. Quant à Robert Guillaume, il livre une prestation solide dans le rôle d'Hawkins et forme avec Van Damme un duo crédible et attachant. Enfin, Cynthia Gibb apporte une touche de douceur bienvenue dans cet univers particulièrement brutal. Son personnage d'Amanda Beckett permet d'humaniser davantage l'histoire. Et je dois avouer que son sourire malicieux, avec ce petit coin de lèvre relevé, ne me laisse toujours pas indifférent aujourd'hui.



Bien sûr, Coups pour coups a pris un petit coup de vieux. Certaines images accusent le poids des années et l'on ressent parfois ce léger parfum de téléfilm qui trahit les limites de la production, même si ça fait office de bon trompe oeil tout du long. Pourtant, malgré ces quelques rides, le plaisir demeure intact. L'ambiance carcérale fonctionne toujours, les combats restent efficaces, les personnages sont mémorables et le charisme de Van Damme continue de porter l'ensemble. C'était l'un de mes films préférés lorsque j'étais plus jeune, et même aujourd'hui, plusieurs décennies après sa sortie, je prends encore du plaisir à replonger dans cet enfer de béton peuplé de criminels, de gardiens corrompus et de secrets inavouables. Ce n'est peut-être pas le film le plus prestigieux de la carrière de Jean-Claude Van Damme, mais il fait incontestablement partie de ses œuvres les plus divertissantes.




CONCLUSION :


Coups pour coups est un bon représentant de l'âge d'or de Van Damme. Un petit morceau du cinéma d'action des années 1990, brut, imparfait, un peu naïf, mais convaincant, qui continue de distribuer des coups avec une redoutable efficacité.



Vieilli par endroits mais toujours debout !







- Qu'est-ce que tu fous là ? Dis-moi, qu'est-ce que tu regardes ?
- Je suis nouveau, ici.
- J'en ai rien à foutre mon pote. Tu crois qu'il va dormir là ? Ici, t'es chez moi. Si tu veux rester c'est 500 dollars.
- Tu sais que j'ai pas un rond.
- Alors t'as pas de pognon, et bien c'est parfait. Allez paie.
- J'ai pas compris.
- J'ai dit tu te mets à quatre pattes et tu paies. Comme n'importe quels bleus.
- Je crois pas, tu vois.


B_Jérémy
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le 29 juil. 2026

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