J'ai eu du mal à entrer dans ce film, long (plus de deux heures) et à en ressortir quoi que ce soit. Il n'est pourtant pas dépourvu, je crois, de qualités, notamment du fait de son interprétation, d'un brin d'émotion tout à la fin. Avec en plus cette évocation des classes populaires britanniques, qui, si elle ne sert que de toile de fond, est plutôt bien réussie.
Car le sujet central est la maladie mentale, la façon dont elle peut survenir (par hérédité et/ou par les expériences de l'enfance), dont elle est prise en compte par la société (familles d'accueil), dont elle se manifeste par moments. Le tout avec sérieux et rigueur, sans tomber dans le sensationnalisme ni dans l'excès de pathos. Et surtout avec une certaine empathie pour Maria, le personnage principal, mais également pour sa mère.
Par contre, la fin, si elle est ouverte, n'est pas très claire. Est-ce la mère de Maria qui est renversée par un chauffard ? Il me semble que oui, mais c'est plutôt suggéré que vraiment montré. Et la crise de Maria, qui passe d'un seul coup d'un seul : est-ce que c'est simplement parce que sa grande copine est revenue ? Peut-être. Après, on pourrait penser que c'est une façon de plus qu'a eu la réalisatrice de montrer que les choses - s'agissant des maladies mentales - ne sont pas si simples à percevoir pour ceux qui n'en sont que spectateurs.
Il n'en demeure pas moins que je n'ai pas passé un super moment. Pas tant d'ailleurs à cause des scène dégueulasses du film (il y a bien pire) qu'à cause du fait que ça traine parfois un peu en longueur, dans la première heure notamment, et que par conséquent, des changements de rythme plus fréquents auraient sans doute renforcé l'intensité dramatique du scénario. Dont la faiblesse est à mes yeux le principal défaut du film.