Avec Crazy Eyes (2012), Adam Sherman ambitionne de filmer le désarroi amoureux d’un homme à la dérive. L’intention est louable, mais le résultat m’a laissé froid. Entre une narration décousue et des personnages trop insaisissables pour susciter l’empathie, le film m’a semblé creux là où il aurait pu être poignant.
Zach, le personnage principal, erre dans une succession de scènes fades, censées illustrer son mal-être. Mais son parcours manque d’évolution, et sa relation avec “Crazy Eyes” reste à l’état de concept : insaisissable, mais surtout inconsistante. On observe plus qu’on ne ressent.
Visuellement, le film alterne entre naturalisme et esthétique floue sans jamais trancher. L’ensemble donne une impression d’improvisation plus que de maîtrise, ce qui finit par diluer toute émotion possible. Quelques idées émergent, mais elles restent dispersées, sans impact réel.
En somme, Crazy Eyes m’a laissé perplexe : une œuvre qui aurait pu être touchante, mais qui se perd dans son propre brouillard. Une tentative sincère, mais malheureusement trop désincarnée pour marquer.