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L'homme de l'ombre
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le 19 mai 2015
L’avantage à arriver vierge de toutes attentes face à une œuvre telle que Crépuscule est de se laisser surprendre. Ainsi, c’est en territoire inconnu que je pénètre au moment de démarrer le film, n’ayant jamais approché le style du cinéaste hongrois Béla Tarr, dont son compatriote György Fehér se présente ici en héritier au point d’en avoir fait son consultant, ni lu le roman original de Friedrich Dürrenmatt, La Promesse. Cependant, cette attitude virginale à l’égard de ce long métrage présente le terrible inconvénient de se montrer insuffisamment préparé à en encaisser la radicalité formelle. Alors que je me considérais jusqu’à présent comme un spectateur réceptif à la lenteur et la contemplation, le film de Fehér est venu en contester le fait. La raison de mon insensibilité à Crépuscule, je l’ai identifié en lisant la critique de Cynique de Bergerac publiée sur ce site, elle même reprenant les termes d’une critique de Limguela Raumeneon : je n’ai pas été un bon sujet. Il est vrai que le procédé technique employé ici par Fehér relève de l’hypnose ; les mouvements longs de sa caméra agissent comme ceux d’un pendule se balançant infatigablement sous les yeux du spectateur. Cependant incapable de lâcher prise, je n’y ai vu qu’une mécanique, banale, chaque séquence étant produite en série à partir d’un archétype technique que détaille également l’éclaireur SensCritique susmentionné dans son billet. Néanmoins, au-delà de cette part de subjectivité que j’assume, je tiens à préciser en toute objectivité en reprenant à mon compte un avertissement souvent énoncé par le critique cinéma Erich Vogel : Crépuscule, « c’est chiant ». C’est un film pénible dans tous les sens du terme (parce que tout ici procède d’une logique funèbre et funeste). Alors, le reverrais-je ? Sans doute pas de si tôt.
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le 21 avr. 2025
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