Certains films ont le goût, la texture, le visage et le talent de grands acteurs. L’esquisse fugitive de grandes œuvres comme Heat de Michael Mann, avec bien sûr une comparaison qui ne tient pas, lorsque les contours semblent si lointains et l’intensité jamais atteinte.
Ainsi, Crime 101 de Bart Layton ne tient pas la distance et atteint très vite ses limites, malgré ses 2 h 20.
Ce film reste néanmoins un polar élégant, avec Davis (Chris Hemsworth), un voleur qui a peur de ce qui pourrait arriver. Sharon (Halle Berry), une agente d’assurance désabusée, et Lou (Mark Ruffalo), un inspecteur de police usé, mais déterminé. Trois trajectoires de vie qui finissent par se rejoindre, avec leurs failles, leurs ambitions et cette impression diffuse qu’il est déjà trop tard pour revenir en arrière.
Dans Crime 101, Bart Layton privilégie plutôt les silences, une atmosphère aux regards mystérieux. Des scènes d’action maîtrisées, sans plus, qui ne cherchent pas à voler la vedette au reste, préférant filmer ce sentiment de doute, d’obsession et de fatigue morale de ces trois personnages. Une frontière où chacun semble glisser vers une forme d’inévitable, qui peu à peu devient de plus en plus floue.