Bart Layton signe avec Crime 101 un polar ambitieux sur le papier, mais dont l’exécution laisse perplexe à bien des égards. Le premier problème saute littéralement aux yeux : ou plutôt ne saute pas, puisqu’on ne voit presque rien. La photographie est si sombre que de nombreuses scènes semblent se dérouler derrière un voile noir permanent. L’atmosphère se veut certainement crépusculaire et tendue, mais elle finit surtout par frustrer.
Le scénario n’aide pas davantage. Les enjeux sont étonnamment pauvres pour une histoire de braquages et de traque policière. Pourtant, ils paraissent presque riches comparés à des dialogues souvent plats, explicatifs ou artificiels. Les personnages passent beaucoup de temps à parler sans que ces échanges ne renforcent réellement leur psychologie ou la tension dramatique.
Certaines décisions d’écriture interrogent franchement. À quoi sert Maya exactement ? Le personnage traverse le récit sans jamais sembler avoir un véritable impact sur son déroulement. De la même manière, si Money a pu réussir son hold-up grâce à Ormon, pourquoi s’acharne-t-il ensuite à poursuivre Mike ? Cette obsession paraît davantage dictée par les besoins du scénario que par une logique interne crédible.
Le casting soulève aussi des questions. Pourquoi faire venir Jennifer Jason Leigh pour un rôle aussi insignifiant ? Sa présence est si anecdotique qu’on a l’impression de voir un personnage qui aurait dû être coupé au montage. Quant à la conclusion, elle accumule les incohérences et les raccourcis au point de donner une impression de confusion. La fin n’a tout simplement ni queue ni tête.
Et pourtant, malgré tous ces défauts, Crime 101 n’est jamais totalement ennuyeux. Le film conserve un certain pouvoir d’attraction grâce à quelques séquences spectaculaires et à l’implication évidente de son quatuor principal : Ruffalo, Hemsworth, Berry et surtout Barry Keoghan. Leur engagement permet de maintenir l’intérêt jusqu’au générique, même si le résultat final laisse surtout un sentiment d’occasion manquée.