Notes sur le film : Film sur la culpabilité et sur les obligations morales induites par l’éducation religieuse et le cercle familial, Crimes et délits, influencé thématiquement par Fiodor Dostoievski - le titre a été mon indice... -, est une œuvre au ton sombre, proche de l’une des plus grandes réussites de son auteur, Match Point (2010), tout en laissant néanmoins une place à quelques scènes ou répliques de comédie, via le personnage de Woody Allen. Objet moins parfait que l’opus de 2010 avec S. Johansson, Crimes et délits démontre néanmoins la maestria de son auteur pour l’écriture du drame, à travers toutes les séquences de souvenirs du film : le personnage de Judah Rosenthal passe son temps à se rappeler des moments d'abord négatifs puis positifs avec sa maîtresse devenue encombrante, et dont l’ophtalmologue réputé a décidé de se débarrasser. Ces petites scénettes relèvent d’une brillante idée de scénariste : montrer des petits moments pour induire à la fois la crainte avant le passage à l’acte comme le remords après, en évitant pour cela des dialogues explicatifs, ce qui n’est jamais subtil. Or Crimes et délits, lui, l’est.