Cette co-production américano-mexico-italienne réalisé par René Cardona Jr en 1978 n’est pas à proprement parler un film catastrophe. L’avion pris dans une tempête amerrit en effet au bout de 20 mn et la scène, malgré les moyens limités du film, est plutôt réussie. Ça n’est pas non plus un « film de requins tueurs », même s’il y en a (au début et surtout à la fin, un vrai festin !). Les squales ne sont pas le centre de cette aventure, ils en sont plutôt un « désagrément supplémentaire ». Après un cyclone tropical, un bateau de touristes partis pêcher, un navire de pêcheurs locaux et les survivants de l’amerrissage d’un avion de ligne, doivent survivre sans savoir si les recherches s’organisent. C’est donc plus un film de survie classique, presque à la recherche d’un certain réalisme avec la quête vitale de l’eau potable, de nourriture avec en sus nos requins et même une touriste enceinte qui va bien sûr accoucher après la tempête. Les tensions apparaissent vite pour savoir qui aura de l’eau, que faire des cadavres (et la question du cannibalisme). Un film malheureusement trop long, trop lent, 2h, là où 1h30 plus rythmée aurait suffi.
On a droit à 10 mn de débat sur le bateau de tourisme pour savoir s’il est chrétien de consommer de la chair humaine quand on n'a aucune autre source de nourriture, un prêtre étant présent évidemment. Et chacun(e) d’apporter ses arguments…🙄. Un plan terrible est vraiment réussi et m'a marqué : l’avion gît au fond de la mer et on voit les cadavres qui flottent à l’intérieur, de longues secondes suspendues en silence qui mettent mal à l'aise. Ce film nous permet tout de même de recroiser de vieilles gloires hollywoodiennes un peu refaites comme Caroll Baker (« Baby Doll » d’Elia Kazan, « Géant » de George Stevens…), Arthur Kennedy (« Les affameurs », « L’homme de la plaine »…) ou encore Lionel Stander (le célèbre Max de « L’amour du risque », acteur depuis les années 30). Les mêmes qu’on retrouvait à cette époque dans les invités de « La croisière s’amuse » !!!