Le film catastrophe est bien souvent - sans mauvais jeu de mots - catastrophique : déluge d'effets spéciaux, scènes d'action explosives et parfois avalanche de stars à la façon des standards hollywoodiens des années 1970 comme La Tour infernale. Tout cela au détriment de l'histoire qui tient sur une ligne : « Catastrophe = un ou plusieurs héros sauvant le monde ». Alors quand est-il lorsqu'un studio n'a pas d'argent et recrute des gens pas talentueux pour un sou ? Après avoir produit en série des nanars à base de requins, de robots ou encore d'aliens, The Asylum s'attaque au climat avec pas n'importe quel cyclone, mais un Super Cyclone (titre original du film). Quand on essaye de copier les grands, c'est pour s'en mordre les doigts ! En 2012, année apocalyptique, le film éponyme de Roland Emmerich pulvérisait le box-office en générant une surenchère d'effets spéciaux et de cliffhangers. Concernant les effets spéciaux de Super Cyclone, véritable terreau de ce type de films, ils sont très mauvais tout en restant dans le seuil de médiocrité du studio ; quand ils ne se dérobent pour laisser place à des images d'archives de véritables catastrophes, sorte de « cache-misère ». Le film essaye de tenir un rythme, une tension à partir de clichés du genre : par exemple, la mort d'un des personnages principaux qui tombe dans une faille sismique. Le film devient franchement ridicule lorsque les erreurs scientifiques s'accumulent (deux hommes sont assis sur un escalier en fer alors que de la lave coule en dessous d'eux dès les premières minutes) alors que les personnages principaux sont justement des scientifiques. Cette équipe de « spécialistes » déblatère des propos incompréhensibles sur l'avancée de la situation sans aucune importance narrative. Il aurait fallu privilégier l'aspect humain : des hommes et des femmes lambda face à l'apocalypse comme le faisait 2012 ou plus tard San Andreas. Ainsi, la mort de plusieurs personnages importants ne provoque ni chaud ni froid, ce qui est accentué par la nullité des acteurs, qui surjouent absolument toutes les scènes. Enfin, le budget minime et une réalisatrice en pilote automatique viennent encore abaisser la faiblesse du scénario et de l'interprétation. La cellule de crise qui doit gérer un début d'apocalypse est composée de quatre personnes et le Président des États-Unis - porte-étendard de ces productions comme Danny Glover dans 2012 - ne pointe même pas le bout de son nez. La mise en scène est navrante : par exemple, deux personnages en pleine réflexion pour sauver une plateforme pétrolière sont filmés en travelling circulaire à trois reprises. A l'image de son générique complètement décousu où les consultants et autres assistants du tournage sont cités avant le directeur de la photographie, ce film est un « n'importe quoi » climatique aussi bien que cinématographique.