Un pas en avant, deux pas en arrière : après la réussite de "Yannick" où le plus prolifique (ça confine même à la boulimie!) des cinéastes français avait gagné en maturité en proposant un "vrai" film avec des personnages intéressants et une écriture appliquée (tout en continuant à proposer un univers personnel légèrement décalé), le voici de retour, quelque mois plus tard, dans ses pires travers.
Nous sommes dans la même veine que le poussif "Fumer fait tousser" qui précédait "Yannick" avec une recette programmatique, typique de Dupieux, qui confine à une forme de fainéantise : humour nonsensique (le gag du cow-boy répété jusqu'à l'écœurement) au sein d'un film à sketch à tiroirs avec des mises en abimes répétitives (bien moins efficaces que dans "Réalité" un de ses meilleurs opus). Evidemment ici au vu du sujet, ce traitement semble logique (comment traiter de Salvatore Dali autrement que par l'absurde?) mais on a rarement eu autant l'impression de voir le cinéaste en mode pilotage automatique.
On peut quand même se consoler avec deux points, communs à tous les Dupieux : une durée resserrée qui rend l'ensemble relativement divertissant et la qualité du casting. Même si dans "Daaaaaali!", il existe une grande disparité entre les acteurs : on s'ennuie vaguement avec Anaïs Demoustier et Romain Duris tandis que les multiples Dali (idée intéressante sur le papier mais peu exploitée; au contraire d'un "I'm not there") sont extrêmement inégaux : si Edouard Baer et surtout Jonathan Cohen sont brillants, les performances de Pio Marmai et Gilles Lellouche sont décevantes (le montage semble confirmer ce sentiment tant ces 2 derniers sont moins présents à l'écran).