L’influence de l’animation japonaise et en particulier d'Hayao Miyazaki est évidente dans ce long-métrage fantastique français à l’animation très soignée (bien que le chara design soit légèrement perfectible) qui respecte les enfants autant que les adultes ; ce qui s’avère une rareté et donc ambitieux et attachant.
On retrouve en effet de nombreuses similitudes et motifs des films du grand maitre nippon: la nature et les conséquences de l’action de l’homme sur cette dernière, la solitude des enfants et la difficulté de communication avec le monde des adultes, l’imaginaire tendance rétrofuturiste (la cité dans le ciel au début ou le robot, tous deux très proches du « Château dans le ciel » par exemple) sans compter la musique très « Hisaishienne » par moment.
On a vu pire référence et Ugo Bienvenu se l’approprie avec intelligence et un certain talent pour trouver son propre ton et créer un univers cohérent. Le destin et la solitude des deux héros qui se rejoignent à travers le temps et l’espace est touchant (notamment le destin de Iris qui recherche avant tout l’amour parental).
Si quelques coups de mous peuvent être ressentis dans son acte central (le trio d’antagonistes de bras cassés finalement plus gentils qu’il n’y parait, à la façon encore des pirates du « Château dans le ciel », est finalement peu exploité), le long-métrage sait maintenir l’attention avec un bon dosage entre aventure, merveilleux, émotion
(la mort du robot, les parents ayant vieillis suite à leur recherche de Arco)
et réflexions sur l’état du monde et les menaces de l’homme sur la nature
telle cette société soumise à toute sorte de catastrophe climatique et devant s’isoler dans des bulles pour se protéger.