Des pauvres hères humiliés et réduits en quasi esclavage font appel à un ingénieur hydrologue pour tenter d’amener l’eau dans leur village sombrant doucement dans la poussière sèche d’un désert d’une impitoyable aridité caniculaire. Mais les Thakur du coin (c'est la méchante caste de riches propriétaires très méchants) ne l’entendent pas de la sorte et s’en vont lui casser la gueule. Par une incroyable facilité de scénario, celles qu’on adore voir dans ces films indiens aux rythmes toniques et aux histoires pif-paf-front-kicks-claquettes, voila notre ingénieur hydrologue possédé par la divinité locale, doté de pouvoirs de bagarre surpuissant. Du coup, il est bien décidé à casser la gueule à tous les méchants. Les méchants, eux, essayent d’être le plus salopards possible. Et dans ce cadre un peu flonflon de trucs un peu déjà vus et pas forcément super enthousiasmants (encore du KGF-like on dira), ils vont faire toute la différence par leur cruauté sans limite. Alors j’en avais déjà vu des films qui s’étaient donné comme ambition d’y aller à fond les ballons et de tartiner comme des bourrins bourrés de vices et beurrés à l’indécence mais alors là, chapi-chapeau ! Non seulement le film débute par la mise à mort à coup de batte d’un petit shitsu adorable, mais il y aura par la suite un nombre de gamins fumés, fusillés, découpés, rafalés ou brûlés vif qui dépasse l’entendement et la bienséance la plus élémentaire. Et lorsqu’une gamine, agonisante dans son sang et couinant de manière pathétique, lève la tête de la poussière pour supplier une dernière goutte d’eau, je ne m’attendais clairement pas à ce que le méchant sorte sa bite pour lui pisser dessus. Le film est très loin d’être un chef d’œuvre, mais là franchement bravo et merci aux artistes. Pour le reste, c’est pas forcément jojo, même si le réal sort de temps en temps un plan qui pète ou une idée qui tabasse. Le cast est de son côté concentré, surtout les méchants, qui sont hyper convaincants dans la turpitude la plus vile. Mais autour du héros, certains personnages sont vraiment classes et y’a ce qui faut en barbus vénérs. Là dessus, rien à dire. En ce qui concerne le héros, NBK, aka « God of the Masses », semble parfois un peu hors d’âge pour le rôle, engoncé dans son costume et souvent raide comme un piquet. Dès qu’il doit bouger pour foutre des coups de tatanes ou pour danser, les plans sont courts pour lui permettre de retenir son souffle afin de rentrer son ventre. Alors bon, le spectateur bienveillant fermera les yeux, mais l’illusion reste modeste. On préférera se laisser envouter par ses petits yeux serrés qui ne laissent filtrer qu’un regard noir comme deux petites boules de charbon.
Quoiqu’il en soit, ce Daaku Maharaj, au-delà de tous ses défauts, pour la plupart rigolos, emporte quand même l’enthousiasme du spectateur, à condition d’être un peu charitable.