Ce film sympathique, très teinté seventies, est bien mené, mais quelque chose m'a quand même un peu gêné : je trouve qu'il offre une vision un peu caricaturale des bipolaires. Vous allez me dire, il y a autant de bipolarités qu'il y a de bipolaires.


Mais bon, faire passer le papa pour un gars totalement incapable de maîtriser ses émotions, positives comme négatives, bordélique à souhaits, fuyant la solitude comme la peste, donne vraiment l'impression que ce type de personnes sont des adultes qui n'ont pas grandi. J'ai bien conscience que ces personnes sont souvent dépassées par leurs émotions, leur colère, voire leur violence parfois, ou au contraire, leurs sentiments d'amour ou d'empathie pour les autres. Mais sont-ils toujours si dépendants des autres ?
Je suis donc d’accord pour dire que c'est une certaine forme de représentation d'un type de bipolaire. Là, ça vous va ?


Mis à part ce débat sémantique, j'ai trouvé le film fort bien interprété et je salue la prestation des quatre acteurs principaux que sont Mark Ruffalo (le père), Zoé Saldana (la mère), Imogene Wolodarsky (Amélia, la fille aînée) et Ashley Aufderheide (Faith, la fille cadette), tous au diapason.


Pour le coup, le papa avec son côté fantasque, avec un fond très gentil malgré ses débordements,nous parait très sympathique. et même adorable le plus souvent.
Sa "folie" nous émeut, comme il émeut ses filles et sa femme. C'est un père attentionné, aux mille talents (cuisinier, couturier, bricoleur, mécanicien, sportif etc.), à la fantaisie contagieuse et au bonheur de vivre parfois presque enfantin.


Le thème de la peur du regard des autres chez les fillettes est bien abordé, car c'est souvent là que le bat blesse pour ce genre de personnes et leur entourage.


Comment se faire accepter avec tous ses défauts dans la communauté des humains ?
Comment un père de famille peut s'intégrer alors qu'il est père au foyer dans une société encore patriarcale où c'est l'homme qui doit travailler pour ramener les ressources familiales ?
Comment assumer sa pauvreté alors qu'on est blanc et issu d'une famille aisée ?
Comment assumer son couple mixte et ses enfants métisses ?
Comment échapper au destin tout tracé par sa condition sociale et donner une bonne instruction à ses enfants ?


Finalement ce film qu'on croyait au départ assez léger, pose des questions fondamentales sur la vie qu'on se donne, ses choix, sa différence ...

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le 10 mars 2016

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