Dangerous Animals
6.1
Dangerous Animals

Film de Sean Byrne (2025)

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Il est toujours plaisant de voir qu’un brin d’inspiration peut renouveler un motif pourtant essoré. Alors que plusieurs films de requins continuent à sortir chaque année, la présentation du film de Sean Byrne, à la Quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes 2025, a revigoré un public ravi d’être sorti de sa léthargie par quelques frissons jubilatoires.


Dangerous Animals pourrait donc se présenter comme une sorte de cross-over entre le film de requins et le slasher, le réel méchant n’étant pas le prédateur, mais un serial killer allumé prenant son pied à filmer ses victimes en train de se faire dévorer. Une sorte d’horizon ultime du shark porn, en somme, le spectateur produisant lui-même ses snuff movies et se les diffusant au repas tandis que les victimes suivantes attendent dans la cale. L’idée est suffisamment tordue pour titiller la curiosité, mais le récit sait s’en tenir à ce simple dispositif initial, sans se perdre dans la maladie actuelle des rebondissements ou autres twists improbables : un lieu, un enjeu, un combat.


Sean Byrne joue avec malice d’un certain nombre de décalages, que ce soit dans la scène d’ouverture où la vision des requins incite davantage à l’admiration qu’à la crainte, ou lorsque la jeune fille badass interrompt le discours pseudo philosophique du tueur pour le renvoyer à la beaufitude de son masculinisme. Jai Courtney, qui semble réactualiser le physique de loup de mer de Dreyfuss dans Les Dents de la mer, se fait visiblement autant plaisir dans son rôle de pervers qu’Hassie Harrison se délecte à lui résister, transformant le moindre objet à sa disposition (soutien-gorge, seau, poêle à frire) en arme contendante sur la tronche du patriarcat.


Presque cartoon par instants, le récit s’amuse beaucoup de ses contraintes, et transforme ce huis clos d’une prison sur l’eau en un bac à sable de situations, avec un éternel retour de l’emprisonnement oscillant entre sadisme et humour noir. Cette petite foire à la viande a ceci de jubilatoire qu’elle insiste aussi sur l’aspect proprement dérisoire de toute cette perversion, perdue au milieu de l’océan et d’animaux qui sauvent ceux qui savent rester silencieux et immobiles.

Sergent_Pepper
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le 23 juil. 2025

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