Film policier, romantique, thriller, buddy movie, Dans ses yeux est tout cela à la fois et même plus encore. A travers cette enquête sur un homicide, Juan José Campanella démonte le système judiciaire argentin, mais met surtout en miroir deux histoires d'amour absolument bouleversantes, avec une délicatesse miraculeuse.
Paré d'une exigence artistique et scénaristique qui est une véritable leçon pour 95% de la production mondiale actuelle, il affiche une maîtrise impressionnante de son récit et de sa caméra d'un bout à l'autre du film. Aussi à l'aise dans l'intimiste que dans le grandiloquent (démentielle chasse à l'homme dans un stade, dans un style scorsesien), il s'affirme comme un cinéaste à suivre absolument.
Bercé par de légères mais déchirantes touches de piano, Dans ses yeux vaut aussi pour sa brochette d'acteurs, à commencer par Soledad Villamil, dont le regard vaut 10 pages de dialogues. C'est elle qui tire la corde sensible du film, bien aidée par un rôle féminin complexe et ambigu comme rarement. Ricardo Darin, plus fermé mais toujours juste, et Guillermo Francella en acolyte pochetron, sont tout aussi impeccables.
On pourra bien sourire devant quelques maquillages pas toujours très discrets. Mais qu'est-ce qu'un maquillage raté au regard d'une histoire qui parvient à toucher au coeur et à l'âme ?