Ce spectacle de 2018 filmé à Lille marquait les 25 ans de carrière de Dany, il le rappelle d’entrée. Les 1ères minutes sont d’ailleurs les meilleures et malheureusement, elles ne tiennent pas leurs promesses. Avec le succès énorme y compris sur grand écran, l’exil aux Etats-Unis, il est devenu difficile pour Dany de se renouveler et garder les pieds sur terre. On pourrait dire exactement la même chose de Gad Elmaleh : leurs 1ers spectacles étaient bien meilleurs, plus corrosifs, plus touchants. Dany Boon avait marqué à ses débuts par son sens de l’écriture, du rythme et une façon de jouer avec son corps pas si fréquente en France. J’ai de grands souvenirs de « Waïka » en 2006, dans une salle à taille humaine, avant les Zéniths impersonnels, un spectacle hilarant et inventif. Dany se propose donc ici de nous faire mieux connaître «Daniel » (son vrai prénom), ses débuts dans le Nord de la France, des personnages hauts en couleurs. Mais malgré son talent, on sourit plus qu’on ne rit avec des moments de décrochage (ce qui n’était pas le cas dans ses spectacles précédents). Il revisite ses anciens sketchs dont la Poste, le Culturiste, drôle mais ici archi-connus. On a droit aussi à la chanson en espagnol au piano, ce coup-ci c’est « Piensa en mi » mais il nous avait déjà fait le coup du crooner latino avec « Besame Mucho ». On a donc une grosse impression de redite faute d’innover. Et quand il aborde le présent, c’est pour enfiler les banalités sur ses 2 fils ados, sur l’âge, rien de nouveau et d’inspirant, ça a déjà été fait des tas de fois. Le personnage reste sympathique mais la nouveauté qu’il apportait il y a 20 ans s’est envolée depuis longtemps.