Le procédé mêlant documentaire et fiction est vraiment très réussi, et m'a rappelé ce qu'avait mis en place Jean Rouch dans La Pyramide humaine. Laisser les protagonistes/acteurs créer leur propre fiction, reflet de leurs réalités. La place laissée à l'improvisation permet de faire un film en collaboration avec ses acteurs, laissant transparaitre leurs histoires, leurs envies, leurs désirs. En choisissant de mêler castings et scènes jouées, Alain Gomis fait de la fiction un moyen et non pas une fin. Il documente tout en acceptant le subjectif. Le film devient lui-même un moyen de donner la parole, la fiction de s'approcher au plus près d'une vérité multiple, complexe, et propre à chacun. J'adore ce film, et sa longueur n'est pas un défaut mais un parti pris.