Il y avait pourtant matière à faire un film vraiment intéressant. Les rites mortuaires, les traditions d’une communauté, les rapports entre les cultures et la question de la place des femmes sont autant de sujets qui donnent envie d’en savoir davantage.
C’est justement pour cela que le choix de ne pas sous-titrer certaines parties dans une langue étrangère me paraît particulièrement regrettable. En tant que spectateur ne parlant pas cette langue, je me suis retrouvé exclu de conversations dont le contenu semblait pourtant essentiel. Paradoxalement, alors que le film aurait pu être une véritable porte d’entrée vers la compréhension des rites mortuaires de la tribu, il crée parfois une distance avec son propre public.
Le problème est renforcé par une durée que j’ai trouvée excessive. Le film mélange récit, interviews des acteurs, séquences liées au casting et différents registres sans toujours parvenir à donner une cohérence à l’ensemble. Certaines scènes semblent intéressantes prises séparément, mais leur articulation laisse perplexe et l’on finit par se demander ce que le réalisateur cherche réellement à raconter.
La partie sociétale est probablement celle qui m’a le plus intéressé. Le regard porté sur les comportements masculins envers les femmes, aussi bien dans les relations entre frères et sœurs que dans celles entre époux, permet d’aborder la question du machisme de manière intéressante. J’ai également apprécié la place accordée aux relations multiculturelles, qui apportent une dimension humaine au film.
L’actrice principale, quant à elle, porte une grande partie de la tristesse du récit. Mais cette tristesse est parfois si présente qu’elle finit presque par se transformer, chez moi, en impression d’ennui : on a parfois davantage le sentiment qu’elle s’ennuie dans le film qu’elle ne fait ressentir sa peine. Cette impression évolue cependant favorablement dans la dernière partie.
Un film donc frustrant plus que réellement mauvais. Il possède des idées, des thèmes et quelques belles intentions, mais son manque de clarté, ses longueurs et surtout l’absence de sous-titres sur certaines scènes empêchent de pleinement entrer dans son univers.