Curieuse production que ce Dark Angel: The Ascent qui part d’un jardin des délices façon Jérôme Bosch pour gagner les enfers terrestres que concentre le téléviseur visionné des nuits durant par la jeune Veronica, créature démoniaque au grand cœur et avide de cœurs arrachés aux hommes méchants. Tourné intégralement en Roumanie, le film surprend par sa maîtrise du rythme et par le soin porté à sa photographie ainsi qu’à la composition de ses plans : la caméra parcourt avec élégance les décors souterrains, faits de ruines sur lesquelles sont projetés des néons de couleur rouge, atteint çà et là une poésie macabre – pensons par exemple à l’entrevue avec les deux religieuses, qui inscrit dans un cadre réaliste (la rue) la malédiction pesant sur le personnage. La partition musicale de Fuzzbee Morse propose un thème mémorable et des atmosphères lancinantes qui accompagnent à merveille cette romance improbable entre un docteur et une diablesse, non dénuée d’autoparodie et d’un mauvais goût des plus appréciables (le premier cinéma ou l’appétit du chien, entre autres…).