Dark Horse, de Todd Solondz, c’est l’histoire d’un mec qu’on n’a pas l’habitude de voir au centre d’un film : Abe, quadragénaire immature, toujours chez ses parents, persuadé qu’il est "destiné à plus", alors que tout dans sa vie prouve le contraire.
J’ai mis 7/10 parce que même si le film n’est pas parfait, il m’a franchement marqué. C’est drôle, mais d’un humour très grinçant, parfois même gênant. On rit, mais on se sent un peu coupable de le faire.
Ce que j’ai trouvé fort, c’est la manière dont Solondz traite la médiocrité : pas avec mépris, mais avec une vraie tendresse. Il y a une ambiance étrange, un peu flottante, entre réalité et fantasme, qui colle parfaitement à ce personnage paumé.
C’est pas un film "agréable", mais il dit quelque chose de très juste sur l’échec, le décalage avec les attentes sociales, et la solitude dans l’Amérique ordinaire.
Bref, Dark Horse, c’est une comédie noire douce-amère, imparfaite mais sincère, qui propose un regard à la fois cruel et compatissant sur ceux qui restent sur le banc de touche.