La nullité de Dark Crimes est d’autant plus surprenante qu’elle convoque des talents venus des quatre coins du monde : un réalisateur d’origine grec, deux comédiens principaux disposant une renommée à l’international, l’une est française (Charlotte Gainsbourg), l’autre canado-américain (Jim Carrey), un tournage en Pologne… Les premières secondes suffisent pourtant à donner le ton : un plagiat voyeuriste des polars norvégiens, rappelant que le cinéma polonais contemporain, lorsqu’il cherche à s’exporter, explore le sexe sous toutes ses formes dans l’espoir de susciter la controverse – le meilleur exemple en est certainement la saga Netflix 365 dni. Le spectateur est frappé par l’incapacité du film à installer une ambiance, en dépit d’intentions qui ne cessent d’être martelées par le biais de l’image sale et des dialogues explicatifs ; dépourvu de personnalité, il emprunte çà et là des retournements de situation qui s’invalident au contact de la désincarnation du jeu des acteurs, visiblement conscients d’être réunis pour assurer leur train de vie. Notons enfin que le doublage français semble généré par l’intelligence artificielle – impression que contesterait la date de sortie, 2016 – tant il reproduit sur le terrain de la parole cette artificialité générale. Un ratage complet.