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le 9 mai 2012
SuivreVodka Shadows
Je suis un peu malhonnête voyez vous. J'ai mis 3 a Dark Shadows sans grande conviction. Même sans aucune. Car sincèrement, je ne saurai juger 2h de film ou je n'ai passé mon temps qu'à répéter...
(Vu le 13/10/26)
Dark Shadows est l'adaptation d'une série américaine des années 1960 suivant l'histoire d'un homme maudit devenu vampire au XVIIIe siècle à cause d'une sorcière remplie de frustration et de chagrin d'amour. L'homme en question sort par hasard de son cercueil en plein dans les années 1970 et tente de retrouver sa place dans sa famille et auprès de ses aïeux qui eurent une influence fondamentale dans la construction de cette petite ville pêcheuse et côtière des États-Unis. Là se trouve un point fort de l'œuvre, la prestation de Johnny Depp et le décalage complètement à contre-courant d'une époque en pleine mutation. Sur ce point, le ton comique fonctionne bien car nous sentons que Burton et son acteur fétiche s'en donnent à cœur joie pour créer un contraste entre l'élégance désuète, l'humour pince-sans-rire et le phrasé très soutenu du personnage et cette période révolutionnaire de la contre-culture.
C'est d'ailleurs la première incursion de l'auteur dans la mythologie du vampire et il s'inscrit pleinement dans la tradition de celle-ci avec toute son ambiguïté. C'est un vampire torturé par la perte d'un être cher, un aristocrate prêt à tuer des innocents pour se nourrir et un être mélancolique face au vertige de son immortalité. Par contre, le vampire de Burton est raffiné, mais il est intégré dans une dimension plus sexuelle que sensuelle, c'est un jouisseur quasi bestial. Il y a donc une noirceur et du romantisme gothique ainsi qu'une direction artistique générale à la fois sombre et glaciale qui rappelle Sleepy Hollow avec notamment son manoir expressionniste qui abrite cette famille destituée et hors des normes, mais dans un contexte plus dévergondé. Le retour de l'antihéros dans celle-ci est fait avec une incongruité amusante et en même temps Burton en montre le malheur dysfonctionnel et comment leur héritage repose sur une généalogie empoisonnée. La sorcière (jouée par une Eva Green vénéneuse et sensuelle), anciennement domestique humiliée lorsque Barnabas était un homme, s'est vengée de cette famille en les maudissant, donnant un parfum de lutte des classes. De plus, Burton embrasse une critique sociale nihiliste et en même temps fringante qui s'articule autour de cette famille déclinante soumise aux règles de la société de consommation. Burton obligé, les membres de la famille sont tous des inadaptés de la société, chacun a un monstre qui sommeille en lui, mais ce sont des monstres pétris de solitude. De l'autre, le cinéaste oppose une esthétique propre aux seventies avec son psychédélisme euphorisant, son ton pimpant et une bande originale rock'n'roll.
L'hybridation participe donc au ton décalé et à la trivialité parfois burlesque et aux sous-entendus subversifs du long-métrage. Le mélange se fait sans accroc et avec une bonhomie assez cinglante, parodique et acide tout en étant une comédie familiale caustique à la façon de La Famille Addams. Malheureusement, le dernier acte ne m'a pas du tout convaincu. L'affrontement avec la fameuse sorcière brisée prend des contours de blockbuster super-héroïque ampoulé. Même si l’œuvre a cette image de muséification burtonienne un peu mécanique tout au long du récit, il y avait un retour à l'excentricité et à la loufoquerie de l'auteur, mais le final balaye cela pour finir sur un final aseptisé et très convenu.
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il y a 6 jours
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le 9 mai 2012
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