Avec ce superbe "Dark Water", Hideo Nakata prouve qu'il maîtrise parfaitement l'art de l'ellipse - si essentiel pour que le film fantastique ne vire pas au grand guignol -, mais aussi qu'il possède une vraie force de conviction, loin de l'approche actuelle du genre (maniérisme, cynisme, parodie, tout ce qui vide aujourd'hui le cinéma d'horreur de sa "croyance"), qui force l'admiration. Finalement, c'est la solitude de lieux, semblant sortir d'un cauchemar vénéneux, qui suffit à créer la matière de la terreur (parfois quasiment insoutenable dans certaines séquences), plus qu'une réelle menace extérieure : l'indissoluble étrangeté provoquée par la situation déréglée, indécise, en attente, du couple mère / petite fille explose finalement en mélodrame déchirant, dans une conclusion magnifique. Du grand cinéma, tout simplement. [Critique écrite en 2005]