Ne vous fiez pas au titre de ce documentaire d’1h30 car il ne nous raconte pas uniquement les dernières années de Bowie, ce qu’un très bon documentaire avait déjà fait, « Bowie, les cinq dernières années » il me semble. Non, il survole la carrière de celui qui se faisait encore appeler de son vrai nom David Jones au dernier album « Blackstar » (magnifique) au bout duquel il est allé avant de mourir. Un album testament et funèbre qu’on peut voir comme un adieu (le clip de « Lazarus » est somptueux, son tout dernier alors qu’il était très malade depuis plusieurs mois). La trame chronologique n’est pas suivie puisqu’on a de nombreux flashbacks, qui pourraient déstabiliser les néophytes, passant des années 2000 aux années 70 puis 90...Il insiste sur les différents personnages qu’il a pu endosser et quelques moments comme le fameux dernier album, « Let’s dance » en 1983 qui va en faire une vedette pour stades ou encore l’épisode Tin Machine, pas bien glorieux et qui a conduit à une impasse mais qui est assez longuement raconté.
À côté de ça, certains épisodes sont totalement passés sous silence comme la période berlinoise (fascinante), « Outside » en 1995 qui lui a permis de montrer à quel point il restait novateur et créatif après des années d’errance. OK, en 1h30, il n’est pas possible d’être exhaustif mais quand même, Tin Machine pouvait être largement réduit (passages télé, clips)…Maintenant, si le récit n’apprendra rien aux fans, c’est l’occasion d’écouter des personnes qui ont travaillé avec lui et qui racontent ce qu’ils ont vécu à ses côtés. On y retrouve donc Rick Wakeman, Mike Garson, Reeves Gabrels, le DJ Goldie ou encore Tony Visconti, producteur et ami de Bowie jusqu’à la fin (si tant est qu’on puisse être « ami » d’un homme aussi complexe et mystérieux que Bowie…). Tous apportent leur éclairage sur l’homme et l’artiste, la tristesse infinie ressentie quand il leur a annoncé qu’il était mourant et c’est de loin ce qui est le plus intéressant dans ce documentaire.