Dead Man est un film avant tout poétique. Il l'est, certes, de façon assez absurde dans la mesure où le personnage interprété par Johnny Depp se nomme William Blake ; mais aussi parce que Nobody fait de nombreuses références au poète. Par ailleurs, Jarmusch met en place une atmosphère contemplative, des décors qui peuvent laisser place à une forme de tranquillité, et met en avant la spiritualité de l'animisme indien et son rapport à la mort.


Cette poésie se base fortement sur la relation entre William Blake et Nobody, tout deux rejetés par la société (l'un parce qu'il s'est fait transporter dans toute l'Amérique et toute l'Europe en tant que bête de foire, l'autre parce qu'il a tout laissé derrière lui pour une ville qui lui est hostile et le pourchasse).


Seulement, cette poésie a beau être parsemée d'humour, elle ne parvient pas à proposer un certain rythme et on se retrouve avec une lenteur parfois poétique, parfois ennuyeuse, avec des scènes sans paroles, accompagnée d'une musique ambitieuse qui ne soutient que partiellement certains propos du film. En effet, la guitare électrique façon western semble à propos lorsque William Blake terrasse deux marshals, mais elle semble à côté de la plaque lorsque l'on suit le personnage entre deux clairières sans réel rythme ni péripétie.


Finalement, le manque de rythme est ce dont souffre le plus Dead Man, qui aurait pu être un film beau et poétique. L'ennui prend le dessus.


Hey, do you have some tobbacco ?

Paulissimo
6
Écrit par

Créée

le 26 avr. 2020

Critique lue 113 fois

Paulissimo

Écrit par

Critique lue 113 fois

D'autres avis sur Dead Man

Dead Man

Dead Man

9

Hypérion

le 27 avr. 2011

Suivre

Chamanique...

Dead Man, c'est un western halluciné, une échappée mystique et destructrice d'un pauvre comptable (Johnny Depp) brusquement propulsé dans le monde sauvage du far (far) west. Le far west intriguant,...

Dead Man

Dead Man

9

Gand-Alf

le 12 sept. 2014

Suivre

Road to nowhere.

Quelques petites années après le chant funèbre orchestré par Clint Eastwood par le biais du magnifique "Unforgiven", Jim Jarmusch donne à son tour sa vision toute personnelle du western, sorte de...

Dead Man

Dead Man

10

Mil-Feux

le 3 janv. 2016

Suivre

« Il est préférable de ne pas voyager avec un mort »

Un pied devant l'autre, il s'agira de descendre du train sans trébucher, puis d'avancer à travers les nuances de l'un des bouts du monde, entre tradition et modernité, vers les derniers bras tendus —...

Du même critique

Brooklyn Affairs

Brooklyn Affairs

5

Paulissimo

le 5 déc. 2019

Suivre

Une adaptation ratée

Dès le début du film, le syndrome de la tourette du personnage principal laisse le spectateur perplexe : à quoi peut bien servir de conférer une telle maladie à un personnage principal, sinon à...

Une grande fille

Une grande fille

5

Paulissimo

le 14 août 2019

Suivre

Un film qui a tout pour plaire, mais qui nous ennuie quand même un peu, il faut bien le dire

Une grande fille suit le destin de deux femmes ayant survécu à la guerre et qui tentent de redonner du sens à ce qu'elles font et ce qu'elles sont. Elles doivent toutes les deux surmonter les...

Joker

Joker

9

Paulissimo

le 15 oct. 2019

Suivre

Et c'est ainsi que Todd Philipps réussit à dépeindre très justement le Joker.

Lorsqu'on prend le pari d'un film sur le Joker, la responsabilité est particulièrement lourde pour l'acteur qui se confronte à un personnage interprété plusieurs fois au cinéma et très bien connu du...