Dès le début du film, le syndrome de la tourette du personnage principal laisse le spectateur perplexe : à quoi peut bien servir de conférer une telle maladie à un personnage principal, sinon à polluer les dialogues et l'émotion d'une scène ? Éventuellement à combler des fins humoristiques, occasionnellement, mais ce de manière lourde et grossière ("gros seins" toussote Lionel devant une hôtesse d'accueil). Voilà un fardeau que l'on se trainera tout le long du film.
Puis, dans la scène de la course-poursuite en voiture, la réalisation pèche également en exagérant vulgairement les virages et en secouant une caméra portée à la main à l'intérieur de la voiture. De la même manière, il faudra supporter des choix peu défendables de réalisation, que ce soit l'introduction dos caméra de Mo Randolph ou les mauvais flash backs des dernières paroles de Frank.
Pire, le scénario s'emmêle rapidement et l'on est perdu. Le méchant est filmé comme un mafieux alors qu'il s'agit d'un politicien véreux, et le tout manque de rythme. On concède tout de même à Norton la parenthèse jazzy et dansante dont on avait besoin au milieu de l'histoire. Celle-ci laisse le temps au réalisateur de faire quelques plans longs et de donner un peu plus de place à la musique, très réussie celle-ci.
On conçoit qu'il puisse être difficile d'adapter un roman à l'écran, en témoignent le traitement du méchant et le scénario décousu. Mais il serait temps d'accepter qu'il est difficile de faire un très bon thriller, et de conférer un peu de reconnaissance à ceux qui y parviennent.