La progression dramatique est pourtant ultra-convenue, le discours sur l'acceptation de soi est rabâché, mais Dead Talents Society réussit à surprendre, non seulement par son esthétique colorée et sa mise en scène inventive mais aussi parce qu'il est incroyablement amusant. Usant d'une loufoquerie matînée d'humour noir ( on est pas loin du Tim Burton des bons jours) souvent irrésistible, il bénéficie de la présence d'acteurs au taquet ainsi que d'un vrai sens du gag basé sur une connaissance profonde des clichés du film de fantôme ( les réferences, de la Sadako de "The Ring" au "Exte" de Sono Sion en attestent) et d'une générosité réjouissante dans ses péripéties. Enfin, et c'est sûrement comme ça qu'il m'a cueilli, Dead Talents Society est un film touchant. Je m'attendais à une critique un peu facile des médias, des influenceurs et des réseaux sociaux mais ça n'est finalement qu'une toile de fond sans grande importance. John Hsu parle de ses personnages avec sensibilité et empathie, certes son discours est rebattu mais il est d'une sincérité désarmante, joliment incarnée par ses comédiens, Gingle Wang en tête.