Je n'ai pas pour habitude de faire des critiques de films. Celle-ci doit être ma deuxième. En effet bien qu'ayant vu pas mal de films, certains sont bien plus calés que moi pour pouvoir se prêter à la critique cinéma : l'analyse des plans, leurs significations, c'est pas mon truc. Chez moi cela s'arrêtera plutôt à « oh, quel beau plan », ou « mise en scène assez faiblarde, non ? ». Allez, si je suis vraiment chaud et que mes cours de cinéma de première -qui me faisaient chier- ressortent, je peux te sortir des « mmmh oui, on a une belle contre-plongée là ». Mais vraiment si je suis chaud, hein.
Bref, vous l'aurez compris, ce ne sera pas ce genre de critiques plans par plans. Si vous voulez voir ça, ma critique ne vous satisfera sans doute pas. Bon après, si vous lisez ça, c'est que vous avez cliqué sur « voir plus » de l'aperçu de ma critique, et votre vue est donc déjà comptabilisée. So fuck it.
Non, par contre, je le dis dès maintenant : j'ai été surpris par ce film. Deadpool, c'est LE film que j'attendais le plus, loin devant les Batman v Superman et autres Suicide Squad. À la première photo en mars 2015, j'ai jubilé, vraiment, mais en même temps, je pouvais pas m'empêcher de me dire qu'au vu du développement chaotique du projet et du peu de confiance qui lui a été accordée par la Fox, ça allait être compliqué. Surtout pour Deadpool, qui possède un univers bien à lui et dont le calibrage des productions de films de super-héros -en particulier Marvel- allait avoir du mal à rendre compte. Il y avait donc un premier temps où j'avais simplement peur de la fidélité de l'oeuvre, qui se sont vite calmées lorsque l'opération marketing a commencée : « classé R ! ». Les différentes photos postées par Reynolds (que j'apprécie, oui) m'ont mis en confiance.
Mais finalement, une autre crainte de ma part a vu le jour, qui s'est bel et bien confirmée au visionnage du film : le film n'est pas subversif. Au contraire même, il est calibré, cela ne fait pas de doute, et je rejoins même certains qui affirmaient que derrière chaque gag, on sent la volonté de l'équipe du film de te dire « hé, t'as vu, on est grave cool hein ! ». C'est vrai. En fait, Deadpool, c'est la subversion à l'américaine. Il suffit de dire « fuck » à chaque phrases et de faire des blagues de cul pour être subversif, alors qu'au contraire, c'est justement dans une société qui n'a jamais atteint un aussi haut niveau de vulgarité que j'affirmerai que cela n'a jamais été aussi conformiste. C'est comme ces jeunes attardés qui croient que fumer des oinj' et se droguer en 2016 c'est encore par là-même dire « fuck à la société » et être subversif ; mais à mon avis, c'est quand tout le monde autour de toi se met à fumer qu'il est justement subversif de ne pas faire de même. M'enfin, je m'égare... Puis après tout, il serait de mauvaise foi de ne pas lui reconnaitre le vent d'air frais qu'il nous offre en plein milieu des superproductions Marvel. On va dire que Deadpool à défaut d'être réellement subversif (c'est-à-dire envers l'ordre établi, le pouvoir en place) a l'atout de l'être en tant que film Marvel, et ça, ça fait plaisir.
Car oui, le film est en revanche jouissif, et putain de drôle, aussi. Bon, déjà, rien que l'opening sur fond d'Angel of the Morning (l'OST est sympa. Pas mémorable, mais sympa) avec une scène figée et au ralenti d'un type ayant les couilles de Deadpool sur la gueule avec les crédits du genre « réalisé par un connard surpayé », ça t'annonce déjà la couleur du bordel. Les références sont légions, et un visionnage ne sera certainement pas suffisant pour toutes les reconnaitre. Et je dois dire que moi-même étant difficile, je me suis surpris à rire énormément de fois durant la séance. Les blagues ne volent pas très haut, mais elles sont bien amenées et font souvent mouches. J'ai même tapé un fou rire au début du film, et il est assez surprenant de voir que ce fou rire je l'ai tapé non pas pendant la période « Deadpool », mais Wade Wilson. Du très bien joué à ce niveau là, donc, car je dois bien avouer que je m'attendais à apprécier surtout le côté action, tout en lâchant un petit rire par ci par là.
C'est l'inverse qui s'est produit. L'action est bonne et quelque peu jouissive, mais j'avoue en avoir attendu plus de ce côté là. Deux grandes scènes d'actions principales avec un petit supplément au milieu du film. C'est suffisant, mais...... plus n'aurait pas été de refus. Par ailleurs, le film n'est pas si violent. À vrai dire, c'est du même niveau qu'un Kingsman. C'est violent donc, mais pas de quoi casser des briques comme ils ont voulu nous le faire croire dans l'opération marketing. Mention spéciale en revanche pour la partie au laboratoire qui est l'une des meilleures parties du film avec un combat féroce bien que court.
Bref, bien qu'il ne soit pas le film subversif que beaucoup attendaient, je dois dire que non seulement je n'ai pas été déçu car je m'y attendais, mais qu'en plus j'ai été surpris d'autant apprécier l'humour déjanté du film (la salle était hilare) et de ne pas m'être ennuyé une seule seconde. C'est pourquoi je lui mets un bon gros 8, parce que, bordel, j'ai adoré, et que j'adore toujours plus à mesure que les jours suivent mon premier visionnage.
J'attends impatiemment le 2.