Une jeune paysanne pauvre du sud du Laos voyage jusqu’à Vientiane pour soigner sa riche cousine. Celle-ci, ayant mystérieusement perdu la vue, a désormais le pouvoir de communiquer avec les morts. Cela donne envie, non ? La réalisatrice Mattie Do, d'origine laotienne, a passé une grande partie de sa vie en Amérique où elle a notamment travaillé comme maquilleuse. Nong Hak est son deuxième long-métrage après Chanthaly alors que la production laotienne, jusqu'alors, se réduit à 13 films en tout et pour tout, Nong Chak est présenté comme un film d'horreur ou encore de fantômes. Ce n'est pas totalement faux mais très réducteur. Nong Hak s'attache surtout à décrire, à travers un conflit entre deux femmes totalement opposées par l'origine sociale, une lutte des classes très prégnante tout en gardant en mémoire les horreurs de la guerre et le poids des traditions et des superstitions. Cela fait beaucoup d'autant que Mattie Do n'est pas du genre à expliquer quoi que ce soit. Dans un style parfois esthétisant, son film est le plus souvent flottant, assez elliptique et doté d'un montage très déconcertant. Son apparente douceur mêlée à la perversité de son héroïne faussement ingénue crée une atmosphère toxique et envoûtante. Un peu comme chez Weerasethakul, mais en moins opaque. Le film a été présenté dans de nombreux festivals (Austin, Londres, Sitges) et jouit déjà d'une certaine réputation. Sans être convaincu à 100%, on en redemande.