« Je tire pas pour tuer, mais pour survivre. Quand ça chauffe, où est la police ? »

Les gens comptent sur la police pour assurer leur sécurité. La police arrive après la bataille. C’est comme si, on attrapait le renard quand il ressort du poulailler.

À la suite d’un cambriolage funeste ayant tourné au chaos, l’épouse de Paul périt et sa fille sombre dans le coma ; devant l’apathie des autorités, il se résout à exercer lui-même les prérogatives de la justice.


Prolégomènes laudatifs

Death Wish se distingue comme un divertissement honnête, carré et résolument efficace, s’inscrivant avec une précision géométrique dans l’auguste tradition du film de justicier solitaire. L’œuvre, généreusement musclée mais subtilement articulée, déploie une dramaturgie à la fois limpide et stratifiée, où l’action fébrile se conjugue à une réflexion ténue mais réelle sur la vindicte individuelle. J’oserai même confesser, dans un élan de candeur méthodologique, que n’ayant jamais visionné l’original, je ne puis juger de la filiation exacte entre les deux œuvres, ce qui m’autorise toutefois à contempler ce métrage avec une virginité critique.


Un protagoniste paradigmatique

Le personnage principal, chirurgien exemplaire et parangon d’abnégation, constitue un paradigme d’héroïsme paradoxal : ce vengeur improvisé, mû par une philanthropie singulièrement sélective, choisit ses cibles avec un discernement déontologique. Cette démarche, pour le moins hyperboliquement altruiste, confère au protagoniste une aura remarquable, oscillant entre la stoïcité d’un sage et la détermination d’un archange de la rétribution.


Satire ténue des modernités numériques

Le métrage s’arroge également le droit d’esquisser, avec une ironie délicieusement perfide, un léger pamphlet contre les mirages du monde numérique : le protagoniste y acquiert son savoir-faire martial à travers les arcanes du Net, révélant ainsi l’abyssale facilité avec laquelle la toile dispense ses enseignements, fussent-ils létaux. Le film égratigne aussi le port d’armes démocratique, rappelant dans une réplique lapidaire qu’il n’est refusé à nul quidam — critique discrète mais incisive envers une permissivité ubuesque.


Polyphonie populaire et radiophonique

Une trouvaille particulièrement délectable réside dans l’insertion d’émissions radiophoniques ponctuant le récit ; l’animateur y invite la plèbe à philosopher sur les mérites et les turpitudes du justicier nocturne. Cette polyphonie de voix citoyennes, parfois tonitruantes, parfois aphoristiques, dote le film d’un souffle sociologique, rehaussant la texture narrative d’une dimension dialogique inattendue.


Esthétique sanguinolente et appétence gore

Enfin, impossible d’ignorer l’appétence manifeste du réalisateur pour une violence exubérante, flirtant avec le gore : même les exécutions à l’arme à feu, qui pourraient se contenter d’un minimalisme clinique, deviennent ici des rituels d’hémoglobine chorégraphiée. Cette outrance, loin de sombrer dans la gratuité, participe à l’identité baroque, voire carnavalesque, du film.

Bref, cela s’avère être une œuvre vigoureuse, volontiers grandiloquente, et, malgré sa propension au spectaculaire outrancier, un divertissement parfaitement assumé, mené de main ferme dans les canons d’un genre qu’il honore avec une compétence irréprochable.

Qui veut du gluten ?
Trilaw
8
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Créée

le 26 oct. 2024

Modifiée

le 29 nov. 2025

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Trilaw

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