Grand maître et virtuose du cinéma coréen, Park Chan-Wook revient après six ans d’absence au cinéma. J’attendais Decision To Leave au tournant après l’excellent Mademoiselle sorti en 2016 qui m’avait foutu une claque monumentale. Son film Old Boy, fut, comme beaucoup j’imagine, une introduction et une initiation au cinéma coréen.


Decision To Leave est un film plein de promesses, dès les premières minutes de film, le cinéaste met en place un récit assez tordu et atypique doté d’une réalisation extrêmement soignée et à couper le souffle. Mouvements de caméra, captation de paysages magnifiques, plans sur les visages extrêmement soignés, symbolisme… Ce film n’a clairement pas volé sa Palme de la meilleure réalisation cette année.


Cependant, là où le bat va rapidement blesser c’est que ce long-métrage va vite se muer en une quête d’amour impossible et, paradoxalement, dépouillée de toutes passions. C’est froid et distant. Les personnages sont antipathiques au possible, l’alchimie amoureuse entre les deux personnages semble factice, ne prend pas, et surtout, je n’y ai pas cru une seule seconde.


Je peux comprendre que leur amour impossible soit une sorte de jeu perpétuel de chat et de la souris et que cette distance soit justifiée avec cette approche mais ça manquait clairement d’explosions sentimentales pour que le film puisse capter mon intérêt sur sa durée.

J’ai attendu, attendu, attendu et seule la fin du film semblait correspondre à ce que je j’attendais avec impatience durant mon visionnage.


L’ennui c’est que cette scène finale m’a semblé extrêmement creuse et artificielle tant les personnages sont, eux aussi, distants et froids entre eux. Un pas en avant et deux pas en arrière si je peux résumer grossièrement la chose.


J’ai beau avoir apprécié les scènes où apparaissent des éléments symboliques, je l’ai trouvé ce symbolisme en retrait par rapport à un Mademoiselle, bien qu’utilisé de façon pertinente dans ce film également.

Alors, oui, Park Chan-Wook réinvente plein de choses dans ce film en ce qui concerne la narration, la réalisation, qui est par ailleurs brillante et sublime.


Les réflexions déployées sur l’amour le sont tout autant et les pointes d’humour disséminées tout du long du film sont plus que bienvenues mais il n’en reste pas moins que l’histoire d’amour, qui est quand même le plus gros fil rouge du film, m’a clairement laissé de marbre et j’aurais souhaité être clairement plus investi et faire corps avec le film. Mais je n’y ai vu quasiment aucune porte d’entrée et ça a peiné à capter mon intérêt, passé la phase d’introduction.


N’allez pas croire pour autant que ce film est inaccessible ou encore pire, mauvais, bien au contraire, il est très riche, novateur et audacieux et propose beaucoup d’idées nouvelles sur le plan de la réalisation, l’intrigue est bien ficelée et le rythme est assez soutenu..

J’ai juste été profondément déçu par ce manque de viscéralité et de désengagement émotionnel de la part du réalisateur concernant le traitement de ses personnages et de leur romance un peu fade et sans éclats.


Cet aspect m’a semblé très froid je me suis senti distant par rapport au film que j’ai tendance à considérer comme un peu trop formaliste où la forme empiète un peu trop sur le fond.

Ce n’est pas pour autant un film tape à l’oeil tant je pense que ce côté très froid et psychorigide sont un véritable parti-pris de la part du réalisateur. Qui m’a malheureusement laissé sur le carreau.

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le 30 juin 2022

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