4
le 3 juil. 2022
SuivreFactice Instinct
Jamais. Non, jamais je ne suis parvenu à rentrer dedans. On aura beau mobiliser tous les arguments formalistes qui soient – arguments que ce Decision to Leave peut fournir à foison et ça je l’entends...
Après Burning, qui m'avait fait fondre un paquet de neurones, le cinéma Coréen continue de susciter de profondes interrogations sur mes capacités cognitives, ou plus vulgairement : suis-je trop con pour apprécier du grand cinéma artistique salué par les grands de monde, et est-ce que je devrais me cantonner aux derniers Fast & Furious ?
Après Decision to Leave, je commence à pencher vers le "oui", parce que le dernier Park Chan-Wook m'a laissé sur le carreau. Et je ne l'ai pas vu venir, car ayant suivi le bonhomme sur Old Boy ou Mademoiselle, j'avais de grosses attentes et aucune appréhension quant à mes dispositions à apprécier son œuvre.
Ça commence très mal, avec un enchaînement de scènes imbitables où des personnages dont on ne sait rien échangent des répliques incompréhensibles sur des sujets abscons à une cadence infernale. Les sous-titres s'enchaînent plus vite que ma vitesse de lecture : c'est fou tout ce qu'on peut dire en coréen en deux syllabes. Mais bon, je me souviens que Mademoiselle commençait n'importe comment aussi, avec une grosse brouette d'exposition où on nous présentait 12 personnages et tous les enjeux du film en l'espace d'un dialogue ridiculement dense. Sauf que le reste du film était facile à suivre.
o o o
Decision to Leave m'a ensuite laissé le temps de souffler, et j'en ai compris les enjeux, les personnages et les rebondissements, mais la construction non linéaire de son récit m'a souvent mis des bâtons dans les roues. Je comprends pourquoi sa narration a été saluée pour son audace et son inventivité, mais ça se fait au prix d'une certaine maladresse avec des flashbacks bordéliques qui ne sont pas annoncés et que j'ai fréquemment eu du mal à replacer dans le bon ordre. Quand une scène commençait, je me demandais souvent s'il s'agissait de l'évènement suivant, d'un souvenir ou d'une digression hors sujet.
Parce que le film se comporte parfois comme votre pote bourré qui commence une histoire puis se met à raconter un autre truc sans aucun rapport, perd le fil et oublie de vous donner le contexte de son anecdote.
Il est aussi desservi par une galerie de personnages tous plus tordus et tarés les uns que les autres. En temps normal, ce serait à mes yeux une indéniable qualité, sauf qu'il oublie de nous donner une référence de sanité et chaque fois qu'un personnage faisait un truc dément ou absurde, je n'avais aucun moyen de savoir si c'était normal et socialement acceptable, vu que le monde entier semblait avoir fondu trop de fusibles.
o o o
La mise en scène est absolument fantastique et d'un point de vue formel, Decision du Leave est un bijou de cadrages et de transitions comme j'en ai rarement vu. Au-delà de son élégante direction photo, c'est l'audace de ses plans et de ses mouvements de caméra qui le rendent si exceptionnel, et à ce titre, le film mérite amplement l'éloge dont il a fait l'objet. Et surtout, ce n'est jamais gratuit : tout est remarquablement précis et ciselé pour illustrer au mieux son récit et servir son histoire.
L'autre attrait du film est la relation obscure et perverse des deux personnages principaux. Et là-dessus, je vais être un peu plus mesuré, car si tout paraissait parfaitement réglé sur le papier pour en faire un thriller haletant à base d'attraction fatale, la sauce n'a jamais vraiment pris, en ce qui me concerne. Je ne sais pas si c'est une question d'écriture ou d'alchimie entre les acteurs, ou si j'étais juste un peu trop paumé sur les détails pour déchiffrer les subtilités de la relation, mais je ne me suis jamais réellement senti impliqué dans leur liaison.
Créée
le 2 janv. 2023
Critique lue 13 fois
4
le 3 juil. 2022
SuivreJamais. Non, jamais je ne suis parvenu à rentrer dedans. On aura beau mobiliser tous les arguments formalistes qui soient – arguments que ce Decision to Leave peut fournir à foison et ça je l’entends...
8
le 30 juin 2022
SuivrePark Chan-wook est un cinéaste dont j'avais tendance à me méfier. J'avoue qu'Old Boy (sans le détester parce qu'il est malgré tout un thriller aussi captivant que cruel avec des moments qui déchirent...
6
le 26 mai 2022
SuivreMême si Park Chan-wook revient (un peu) aux bases de son cinéma, on le retrouve à son niveau habituel : la forme prime sur le fond, la machinerie est bien huilée, c’est beau, c’est inventif (dans sa...
9
le 22 juin 2010
SuivrePeu de films ont su me retourner comme l'a fait Martyrs. Je vais éluder le débat stérile sur la légitimité du thème de la torture au cinéma et partir du postulat que la vocation première du film...
5
le 28 mai 2021
SuivreNoter Chernobyl est le grand écart le plus déchirant que j'ai fait sur ce site. En tant qu’oeuvre cinématographique, je lui donnerais un solide 9, mais pour son discours et ses implications...
4
le 30 sept. 2010
SuivreAvec une photo gothique à souhait et un Johnny Depp qui fait peur, le film partait plutôt bien, d'autant qu'une fable romantique sur le cannibalisme n'était pas pour me déplaire, sur le papier. Mais...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème