Un jeune garçon travaille pour la première fois de sa vie, dans des bains publics, où il va rencontrer une collègue troublante. Ce point de départ simple permet à Jerzy Skolimowski de déployer une vision noire des troubles de l'adolescence. Le film, plutôt métaphorique, semble s'enfoncer toujours plus loin dans le vice et la débauche, à travers une relation toxique d'attachement et de rejet successifs.
Le drame s'installe, sans que l'adolescent comprenne que la pente qu'il suit l'amène bien plus loin qu'il ne l'imaginerait. Il faut dire qu'il est livré à lui-même, qu'on semble à peine s'occuper de lui. Sauf à le convoiter. Quant à son désir, n'en parlons pas, on le considère autant comme un enfant que comme un objet sexuel, mais certainement pas comme un partenaire crédible. Skolimowski saisit parfaitement l'entre-deux de l'adolescent.
Et l'horreur que cela peut devenir.
Pour ce faire, les lieux sont utilisés afin de renforcer l'effet : les bains publics apparaissent non pas comme sordides, mais ces vieilles baignoires dans des locaux très étroits, ces couloirs à la couleur verte peu engageante qui devient soudain, au détour d'une scène, d'un rouge prémonitoire, cela n'a rien de très accueillant. L'extérieur devient un lieu plein de lieux de perdition, quand ce n'est pas la neige hivernale qui donne au paysage une tristesse sans nom. Notre adolescent erre là-dedans comme le personnage de After hours de Scorcese : rien ne peut lui apparaître comme riant, et l'environnement ne cesse de faire écho à son malaise.
Alors il traîne son désoeuvrement et ressasse ses émois nouveaux dont il ne sait que faire.
John Moulder-Brown est très bon en très jeune homme perdu dans sa sexualité, pas aidé par la manière dont on en use avec lui. Face à lui, Jane Asher est la tentatrice, séductrice diabolique. On notera une prestation de Diana Dors qui n'a pas peur de mettre à mal son image de pin-up par son rôle de rombière prête à tout pour satisfaire ses pulsions.