Alors, Harlin est un comme un touche-à-tout capable de diriger des films d'action survitaminés, des préquelles d'horreur ratées ou l'un des plus grands échecs commerciaux de l'histoire du cinéma. Pourtant, il reste très actif et enchaîne les projets à un rythme effréné, y compris le reboot de la saga *The Strangers* — une trilogie largement décriée.
Il est difficile de se relever d'un tel faux pas. Personnellement, je trouve que« Deep Water » son dernier film en date, marque un pas dans la bonne direction.
On se croirait revenu en 1999 (peur bleu), avec tout ce que cela implique de bon, de mauvais et de laid.
Je suis un fan de toujours des films catastrophes, j’ai vu l’aventure du Poséidon (le vrai, celui de 1972)et la tour infernale(1974) le soirs même de leur sortie respective j’avais respective,ment 8 et 10 ans ! Ce sont ces deux films qui m’ont fait devenir cinéphile , et en 75, les dents de la mer a fin de faire de moi un « cinéphate » …
C’est dire qu’un film catastrophe et de requins en même temps , ça me parlait et que je craignais le pire.
La genèse du projet est encore plus invraisemblable que son postulat de base (des requins tueurs s'en prennent aux survivants d'un crash aérien).
Initialement envisagé comme une suite de Bait (qui mettait en scène des requins tueurs dans un supermarché, pour ceux qui s'en souviennent), Deep Water a été relancé plus de dix ans après sa conception grâce à Gene Simmons, le bassiste du groupe Kiss, et à un changement de propriétaire de la société de production.
Mais en réalité, tout comme Le Dernier Voyage du Demeter il y a quelques années, le film dégage cette atmosphère typique des projets imaginés au siècle dernier — et je dis cela comme un compliment.
Dans le style typique de de n'importe quel film catastrophe aérien, la caméra balaie avec fluidité un aéroport désert pour nous présenter les passagers, futurs survivants ou chair à requin. On y trouve Cora (Molly Belle Wright), une passagère très anxieuse dont les parents sont les plus obsédés sexuels au monde, et Dan (Angus Sampson), un goujat accro à la cigarette qu'on a hâte de voir se faire dévorer. Sam (Li Wenhan) et Lilly (Zhao Simei) forment un jeune couple d'amoureux sur le chemin du retour. Quant à Sir Ben Kingsley, il incarne techniquement Rich, le pilote, mais il reste avant tout Sir Ben Kingsley et le héros , le copilote, qui a un fils malade qu'il cherche à éviter.
Bon c’est vrai que le style semble hésiter, entre le mélodrame larmoyant ( de type « The impossible », et l’horreur des scènes ou les requins dévorent les survivants du crash.
Alors oui c’est vrai, ça part un peu dans tous les sens mai c’est aussi ce qui fait le charme du film.
Le crash de l'avion est mis en scène de manière réaliste et remarquablement exécuté, sans pour autant tomber dans les codes du film de série B comme le faisait le « Send Help » de Sam Raimi plus tôt cette année.
Pour autant, Deep Water ne se prive pas de déchiqueter les survivants potentiels, clin d'œil manifeste au précédent film aquatique de Harlin, « peur bleu « mais une touche toujours très appréciable.
Quant aux requins eux-mêmes, bien qu'entièrement numériques et dotés d'une taille aussi improbable que pratique selon les besoins de l'action, ils remplissent parfaitement leur rôle. Là où Thrash (sur Netflix) se contentait de son concept de base sans jamais vraiment faire couler le sang comme un film de ce genre l'aurait exigé, Deep Water, en revanche, lâche les fauves. Les requins surgissent sans cesse pour dévorer leurs proies, et l'eau rougit abondamment.
Le film est très divertissant lorsqu'il assume pleinement ce côté « série B » théâtral et décomplexé qu'il revendique.
Rien ne détrônera jamais Les Dents de la mer, mais les plans en contre-plongée depuis les profondeurs d'une eau calme me font toujours paniquer paniquer.
Point négatif, la fin n’est pas terrible, voir un peu ridicule .
C’est le contraire de celui mais pas dans le style spectaculaire et grandiose de La Tour infernale.
Bon allez, je me suis bien amusé, ce qui est- déjà pas mal et ça mérite plus de ce que je vois dans les notes.