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le 1 juil. 2026
SuivreComme un edelweiss
Après son formidable Chili 1976, l'actrice Manuela Martelli, devenue réalisatrice, persiste et signe dans Dégel, une nouvelle évocation historique, située cette fois en 1992, à l'époque de la...
L’action se passe au Chili, quelque part dans la montagne de la partie sud du pays. Dans un hôtel, séjourne une équipe allemande venue pour s’entrainer au ski. Au sein de cette équipe, la blonde et charmante Hanna (Maia Rae Domagala), 14 ans, attire les regards. A la voir skier, on devine la future championne. Mais, son don doit agacer, car les autres Allemands ne se gênent pas pour la provoquer, lors des repas notamment. Il faut dire qu’elle semble disposer d’un entraineur particulier, Alexander (Jakub Gierszal) et que sa propre mère, Lina (Saskia Rosendahl) était une championne (d’un pays qui n’existe plus… ) : on voit une coupure de presse dans l’espèce de journal intime qu’Hanna tient. On imaginerait bien une sorte de Lindsay Vonn, mais il semblerait que Lina ait fait du patinage artistique.
L’hôtel est tenu par une famille. C’est ainsi que nous découvrons la toute jeune Inès, 9 ans, hébergée par ses grands-parents, alors que ses parents couvrent l’exposition universelle de Séville (ouverte du 20 avril au 12 octobre 1992) qui commémore le 500ème anniversaire de la découverte de l’Amérique latine. Côté chilien, le clou de l’exposition universelle, c’est un gros iceberg récupéré dans l’Antarctique et dont la masse est telle qu’il ne fond (dégèle) que petit à petit. Inès s’ennuie un peu car elle ne trouve personne de son âge sur place. Mais elle a une grande liberté dans l’hôtel qu’elle connaît par cœur (de même que les environs). Malgré l’interdiction formulée par sa grand-mère de ne pas aller dans les chambres des clients, elle va et vient comme cela lui chante et discute avec les uns et les autres au gré des situations. C’est ainsi qu’elle est fascinée par Hanna et se lie d’amitié avec elle. En fait, ce sont deux solitudes qui trouvent ainsi refuge l’une auprès de l’autre. Bien-sûr, Inès apprécie beaucoup ce rapprochement avec une grande qui la fascine par tout ce qu’elle peut faire. Cela n’empêche pas un certain déséquilibre, car Inès passe à côté de certaines informations qu’elle ne peut pas comprendre. On notera au passage que Maya O’Rourke qui interprète Inès est une adorable brunette aux bonnes joues qui ne manque vraiment pas d’aplomb et qui se montre impressionnante dans toutes les situations, aussi bien dans l’établissement de la complicité qu’Inès noue avec Hanna qu’avec sa grand-mère ou bien son cousin par exemple. Inès est vive mais sait se montrer attentive, câline et fidèle à son engagement de ne rien dire à l’occasion. La réussite du film lui doit beaucoup. Il faut dire aussi qu’elle maîtrise l’anglais, ce qui lui permet de dialoguer avec tous celles et ceux qu’elle croise. Elle va même jusqu’à jouer l’interprète à l’occasion. On observe donc que l’espagnol, l’anglais et l’allemand sont parlés selon les personnages et les situations.
Une des forces de ce film signé Manuela Martelli (réalisatrice-scénariste) qui a commencé comme actrice, est de prendre son temps pour établir une situation avant qu’elle bascule. Ainsi, la complicité qui se noue entre Hanna et Inès prend toute sa force progressivement.
Ce qui n’empêche pas Hanna de se rapprocher du cousin d’Inès qui cherche à la dévergonder. On réalise qu’Hanna ne demande pas mieux, au grand dam de son entraîneur qui n’y va pas de main morte pour la ramener sur le droit chemin quand il la surprend à se laisser aller. On en arrive même à se demander si Alexander ne serait pas le genre d’entraîneur profitant de sa situation de personne disposant d’une autorité vis-à-vis d’une adolescente.
Le film commence à prendre une nouvelle tournure lorsque Inès et Hanna partent en forêt, puisque la petite sait où elle peut aller. Cela les mène jusqu’au bord d’un lac gelé, mais alors qu’Inès se retrouve soudain seule à appeler désespérément son amie, on pense qu’elle l’a perdue.
Or, un peu plus tard, Hanna est bien à l’hôtel et il n’est jamais mentionné comment l’épisode du lac s’est terminé. Par contre, plus tard, Inès qui dort dans la chambre d’Hanna voit celle-ci s’en échapper de nuit avec le cousin qu’elle embrasse, ce qu’Inès observe alors qu’elle fait semblant de dormir.
Le film prend alors une autre dimension, car Hanna disparaît justement cette nuit. Il faut signaler une certaine confusion, car on ne voit personne cuisiner le cousin avec qui Hanna est sorti cette nuit-là. Par contre, ce cousin est invité à repartir chez lui en prétendant que son séjour tire à sa fin. Quant à Inès, sa grand-mère l’interroge pour ensuite lui intimer fermement l’ordre de ne rien dire de ce qu’elle a vu à personne d’autre.
Alors que le pays est en période de dégel politique, les comportements individuels indiquent que certains réflexes sont toujours bien là. Arrive la mère d’Hanna qui cherche à comprendre ce qui a pu se passer (et pourquoi), mais qui sait que les conditions météo hivernales font que si Hanna n’est pas retrouvée rapidement, il faudra sans doute attendre le dégel…
Dans cette deuxième partie, évidemment la tension monte, ce qui est souligné par l’ambiance musicale et par l’agitation des uns et des autres. Les paysages enneigés donnent un aspect froid à l’ensemble, à l’image des réactions des sauveteurs qui s’épuisent dans des conditions difficiles. Bien que déroutante, cette partie mettra le cinéphile sur la piste de quelques références et non des moindres. Dégel s’avère donc assez subtil, le film explorant de nombreuses pistes, tout en laissant le spectateur en position de se faire ses propres impressions, charge à lui de rester constamment attentif.
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