Je vais peut-être être un peu dur, mais... Comme on dit chez nous (pour paraphraser le film qui se sert de multiples caricatures), il y a beaucoup de question sur le genre de film dont on a affaire par ici.


Un reubeu, ouvrier dans une usine de matelas, va avoir une promotion, sauf que celle-ci est gâchée par une décision du grand patron de délocaliser en Inde. Sa compagne accepte un peu à contrecoeur de partir avec lui et le voilà embarqué dans une histoire où il perdra sa place... Et devra mettre les moyens pour récupérer... Sa donzelle.


Rassurez-vous, il y arrivera.


Et c'est bien là le problème majeur. Ils se sont mis à quatre pour nous pondre le scénario d'un type qui s'édifie et arrive à dépasser les différents sociaux-culturels (que ce soit avec les ouvriers qu'avec sa compagne via ses parents) dans un film complètement dépolitisé, ou finalement cette histoire d'usine et de voyage n'est qu'un prétexte qui aurait pu être intégré dans n'importe quel pays du monde. De là à penser que le choix de cette région s'est faîtes pour le plaisir du voyage aux frais de la production, on en a l'habitude avec le cinéma français.


On se laisse entraîner dans l'humour un peu facile et la vengeance de fin, les réalisateurs ayant visiblement des comptes à régler avec les racistes, ce qui, en soi, est tout à fait compréhensible. Mais si vous voulez un regard frais et original sur les enjeux sociaux du racisme et de la lutte des classes, passez votre chemin.


On notera la fin un peu étonnante. Le personnage principal n'apprécie pas que sa belle famille lui mette de force du cochon dans son assiette, mais fait de même vis à vis de son pote indien concernant le veau du curry. Est-ce une manière de parler de la reproduction sociale (un peu comme lorsqu'il augmente les cadences de son usine en tant que contremaître alors qu'il les refuse en tant qu'ouvrier) ou c'est juste une vanne ponctuelle ?


Espérons que ce soit une référence à la reproduction sociale, ça mettrait du relief à ce truc sans intérêt, dont la seule réelle qualité est la photographie, qui détonne un peu du reste du cinéma grisâtre habituel.

Bung
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le 11 févr. 2025

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