Délocalisés… un titre qui résume déjà toute l’inspiration du projet : simple, fonctionnel, et à peine plus engageant qu’un PowerPoint d’entreprise sur les avantages de l’optimisation fiscale. Ali et Redouane Bougheraba nous livrent ici une comédie sociale sur les délocalisations. Un sujet sérieux, traité avec toute la finesse d’un marteau-piqueur sur une porcelaine Ming.
Dès les premières minutes, on sent que le film hésite entre dénonciation et cabotinage. Résultat ? Un enchaînement de blagues efficaces, certes, mais qui ressemblent plus à un best-of de spectacle de stand-up qu’à un vrai film. La mise en scène ? Disons que ça ressemble à un téléfilm tourné entre deux cafés serrés, avec une caméra qui semble posée là par accident. Mais bon, qui a besoin d’un cadre travaillé quand on a des vannes toutes les dix secondes ?
Côté acteurs, Redouane Bougheraba joue… Redouane Bougheraba. Ce qui est parfait si vous adorez ses sketchs, et un peu lassant si vous attendiez autre chose qu’un recyclage de son humour habituel. Ali, lui, fait ce qu’il peut pour équilibrer le duo, mais on sent qu’il est là surtout pour servir de panneau signalétique aux punchlines de son frère. Quant aux personnages secondaires, ils sont aussi stéréotypés qu’un épisode de Caméra Café, en moins bien écrit.
Et parlons du fond. Ah, cette belle critique du capitalisme sauvage ! On s’attendait à un grand coup de pied dans la fourmilière… et on se retrouve avec un gentil massage des chevilles. Ça râle sur les patrons sans âme, sur la logique comptable qui broie les petites gens, mais sans jamais oser la vraie méchanceté, celle qui aurait pu marquer les esprits. Tout est survolé, tout est tiède. Comme un plat réchauffé trop vite au micro-ondes, ça a du goût sur le premier coup de fourchette, puis on se rend compte que c’est fade et mal cuit.
Au final, Délocalisés, c’est un peu comme un CV bidonné : ça donne l’impression d’avoir du contenu, mais quand on gratte un peu, on réalise que ça manque de fond. Une comédie qui se veut acide, mais qui finit en simple bulles de soda éventé. Peut-être que pour la suite, ils oseront enfin assumer leur méchanceté ? Parce que quitte à critiquer le système, autant y aller à fond… au lieu de juste jouer les rebelles de comptoir.