Seule bonne vanne du film : l'attribution des prénoms "français" aux employés indiens des matelas Lidou. Voilà, c'est vraiment bien peu, sur ces 1h25 qui en paraissent le double, alourdis par une histoire prévisible, niaise, et dont le montage est infernal. Le monteur semble n'avoir pas le temps après chaque vanne (il y a même des phrases qui sont bouffées par le changement de plan... C'est très pénible), alors qu'il laisse traîner des plans sans intérêt pour l'intrigue, qui meublent seulement la durée nécessaire au film de long-métrage. Redouane Bougheraba a déjà été mille fois plus pétillant et drôle ailleurs, que l'on pense à ses spectacles ou à ses courtes apparitions dans d'autres films (on pense toujours au prof de sport de La Vie Scolaire, quand on le voit : en dix minutes de temps d'écran, on ne retient que lui), ici il subit la bienveillance cucul de son scénario, qui oblige son personnage à n'être qu'une caricature. On ne croit jamais à cette délocalisation (un comble), à tous les mécanismes de l'intrigue (qui ne se serait pas barré avec le pognon, honnêtement... Ah, la bienpensance des comédies françaises, c'est vrai) qui se justifient pas miracle dans le final (la scène "Devdas" finale est estampillée "il faut que le spectateur ressorte avec le sourire, peu importe la vraisemblance ou le soin apportés à ladite scène", un forcing cucul qui ne plaît pas forcément). Bref, pour ne pas faire plus long que le film ne le nécessite, des beaux-parents caricaturaux (les parfaits racistes de CNews, jusqu'aux desserts en forme de cochons... Vraiment, Josiane Balasko est-elle tombée si bas, qu'elle accepte ce genre de rôles pathétiques ?) jusqu'aux héros irréalistes, Délocalisés est une fable lourdingue sur son acculturation, et jamais bien montée (Messieurs-Dames les Monteurs : laissez au moins la fin des phrases, merci). Faites au moins semblant que le film est bon.