Deranged
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Deranged

film de Chuck Vincent (1987)

Comme quoi choper des films en fonction du thème de l'inceste peut donner lieu à de très belles découvertes. Vu le titre et la couverture, je ne m'attendais vraiment pas à ça.


L'intrigue est d'une dinguerie incroyable, ça me tue que ce film ne soit pas plus connu et que le réalisateur n'ait jamais été encensé. Je suppose que c'est à cause de sa carrière dans le porno : difficile de se faire remarquer par l’intelligentsia avec une telle étiquette. Et pourtant le bougre a de solides références, genre Hitchcock, et je ne serais pas étonné si Lynch avait vu ce film... Soit.


Le scénario est bien écrit, rempli de situations un peu folles bien exploitées. C'est peut-être un peu répétitif, mais on sent malgré tout un crescendo. Et puis ce qui est génial, c'est la chronologie des hallucinations, ce qui permet ainsi de revivre au présent, au fil des apparitions, ce qui est arrivé à la demoiselle et ainsi de revivre ses conflits, plus intensément peut-être étant donné qu'il est double : le conflit du passé, externe car concrétisé par ces hallucinations, et le conflit du présent, interne, puisque l'héroïne essaie de se défaire de sa folie.


La mise en scène est ultra ambitieuse et en même temps le réalisateur fait preuve de lucidité : il se contente d'un décor principal, l'appartement, qu'il a construit en studio (j'imagine facilement que ce lieu a pu être utilisé pour des films de boules) ; la caméra traverse les pièces toujours de la même façon, mais ça marche, parce que c'est fait avec pertinence et puis les effets sont réussis. Bon, y a le perchman qui a pas toujours bien pris ses marques, on pourra arguer que ça accentue le côté monde halluciné (j'imagine bien le réalisateur dire à son monteur : non laisse ça, on garde celle-là, avec la perche dans le plan ça donne un côté méta au film, c'est génial). Les effets spéciaux sont vraiment cool ; bon, les mises à mort sentent le cheap, mais on trouve des trucages toujours efficaces (genre le changement d'acteur quand on traverse une porte, ou bien l'actrice qui ne tourne jamais le dos à la caméra car la 'lame de couteau' est déjà là mais ne doit être visible qu'à la fin de la scène (comme le réalisateur fait faire plein de choses à ses acteurs ça fonctionne, on ne se doute pas qu'il y a une raison à toutes ces manigances), ou enfin les personnages qui apparaissent et disparaissent (genre la séquence de fin de "The Sisters Brothers", c'est d ela pisse de vache à côté de ça). Les acteurs sont bien choisis : ils ont la bonne tête par rapport au rôle souhaité. Et puis l'interprétation est réussie, y compris celle de Veronica Hart qui a vraiment l'air terrorisée.


Bref, très chouette film !

Fatpooper
8
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le 6 févr. 2019

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Fatpooper

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