Un truand en col blanc (Jacques Dacqmine) organise dans sa propriété des bals privés où des jeunes filles du village rencontrent et se laissent complaisamment séduire par des notables (des quinquagénaires dégarnis pourtant), en réalité des gangsters organisant, comme le laisse entendre le titre du film, la traite de blanches. Entre parenthèse, ces bals de débutantes tournent très curieusement
à la partie fine;
elles sont bien dévergondées les filles de la campagne!
C'est un des innombrables aspects grotesques de ce film noir réalisé par Edouard Molinaro qui se donne pour mission d'attirer l'attention du public de l'époque sur la sournoiserie et l'ignominie de la traite. Et c'est parce qu'il se prend au sérieux (hors le rôle de tueur cabotin et décontracté de Philippe Clay) que le film est encore plus ridicule.
Déjà peu cohérent, le scénario accumule des rebondissements ou incidents mineurs dans et autour la propriété de Quaglio, tous improbables parce qu'émanant de personnages stéréotypés aux comportements irréalistes. La direction d'acteurs est d'une légèreté qui fait mesurer à chaque instant ce que l'interprétation et l'action ont de factice et d'invraisemblable.
Le dénouement,
lorsque la maison est assiégée et mitraillée par la police,
est à cet égard révélateur du défaut de bon sens qui accable tous les protagonistes! Parmi eux, avec ses allures de mauvais garçon et de séducteur ténébreux, Robert Hossein est le grain de sable qui enrayera peut-être le projet des proxénètes.