C'est la même année que French Cancan et déjà Françoise Arnoul vient perturber Jean Gabin de son minois tout frais et de son regard triste...
Jean il est routier, marié, trois enfants qu'il ne voit presque jamais et Pierre Mondy comme copilote, il fait la ligne Paris Bordeaux et s'arrête parfois soixante bornes avant dans ce relais pour camionneur qui offre de précieuses heures de sommeil, une ou deux guère plus, les patrons sont sévères, le minutage impitoyable, d'ailleurs c'est Robert Dalban qui s'en charge...
Dans ce relais, les bonniches vont et viennent, impossible de garder la même trop longtemps et puis il y a Clo, qui reste assez longtemps pour que des choses se passent et tant pis s'il pourrait être son père, de toutes façons, sa fille à lui est une vraie peste...
C'est un joli petit Verneuil tout simple et désuet qui parle de choses intemporelles et d'autres qui n'ont plus cours, c'est à la fois complètement oubliable et gentiment charmant, avec du vinaigre par-dessus et du brouillard plein les yeux, un film sans importance en quelque sorte, ce qui est parfois une qualité rare...