La campagne. Des vélomoteurs, un stand de frites, des caravanes, des gens un peu paumés. Un groupe de jeunes qui trainent. Plutôt jeunes. Il y a un petit masculiniste un peu hableur, un Gitan aux yeux profonds comme la mer, un rouquin taiseux placé loin de parents violents, un Ecossais assez beau gosse... et Erell (Adèle Exarchopoulos), qui filme beaucoup de choses compulsivement.
Le film est filmé dans des tons un peu comme ces films amateurs, mais c'est quand même propre. Ambiance champêtre et teen movie. Le fil rouge est la famille dysfonctionnelle d'Erell, avec la mère fragile nerveusement qui dit toujours ce qu'il ne faut pas dire (coucou maman !). Et une soeur enceinte qui revient passer un moment avec son amoureux, après avoir fugué quatre ans.
La bande son fait penser à du Neil Young, ce genre de délire. En fait il n'y a pas d'internet dans ce film, que l'on pourrait situer dans les années 1990. Et son charme provient principalement de la nostalgie. Il a quand même fallu du talent aux acteurs pour trouver ce degré de naturel, pour créer cette ambiance de désoeuvrement rêveur.
C'est assez réussi, et mention spéciale à Adèle Exarchopoulos, et à Zabou Breitman et Tchecky Karyo qui jouent les parents. Ils sont pour beaucoup dans la réussite du film.
Cela ne casse pas trois pattes à un canard, mais c'est un film assez réussi. Feel-good, champêtre, jouant sur la nostalgie d'une époque qui n'a jamais existé, mais pourquoi pas.