Dans le DVD que j'ai acheté pour voir ce film il y avait 4 suppléments dont un documentaire d'une heure réalisé par Pascal Thomas à base d'interview de Douglas Sirk réalisé en 1982, et j'avoue que je ne connaissais pas son histoire en Allemagne, l'obligation de fuir pour sauver sa femme juive, et son témoignage devant un interrogatoire d'une personne de la Commission des activités antiaméricaines de la Chambre des représentants aux USA qui lui demandait si Brecht était communiste et il a répondu que non en expliquant dans ce documentaire qu’il avait trompé cette commission car Bertolt Brecht n'était effectivement pas membre du PC américain mais précisait que pour lui c'était un vrai communiste comme Kurt Weil qu'il avait très bien connu en Allemagne donc.
C'est important car quand je voyais les films de Douglas Sirk je pensais au grand réalisateur de mélodrames à succès et je ne connaissais pas l'histoire de cet homme.
On voit aussi dans ce documentaire sa femme qui a été donc obligée de quitter l'Allemagne nazie pour sauve sa vie avec Douglas Sirk qui était aussi menacé pour sa grande proximité avec Kirt Weil et Bertolt Brecht.
Je pense cette vie d'exode forcé a marqué ses œuvres et on retrouve dans ce film le thème de la rupture au sein du couple et les non-dits entre anciens époux.
Il a dû aussi être marqué par la mort de son fils issu de son premier mariage sur le front de l'est.
Douglas Sirk a aussi participé à la première guerre mondiale dans la marine allemande.
Bref il n'a pas connu que ses grands succès en Allemagne et à Hollywood et je pense que la nostalgie était chez lui un art premier qui a dirigé ses choix vers le mélodrame.
Barbara Stanwick dans ce film est grandiose comme d'habitude.