Désir de femme
6.9
Désir de femme

Film de Douglas Sirk (1953)

A force de me le dire, je vais finir par me convaincre : Sirk est un magicien. Il nous balance toujours des personnages aux prises avec des problèmes moraux que d'aucuns jugeraient d'un autre âge, des contingences d'honneur désuettes, avec les hautes et massives murailles du qu'en dira-t-on, et nous spectateurs, faisons face à nos propres préjugés sur ces personnages basiques, ordinaires, à l'esprit étroit et superficiel. Nos jugements a priori définitifs ne mettent cependant que très peu de temps à voler en éclat, avec éclat, grâce à une mise en scène subtile, qui progressivement nous amène à revoir nos a priori sur des personnages qui finalement ne sont pas si sots que ça. C'est sûr, c'est Sirk.

Le scénario s'amuse à nos dépends, bouleverse tout l'échafaudage moral ou affectif même que l'on a pu facilement et rapidement monté dans les premières minutes.

***SPOILER:
Ici aussi l'enfant de prime abord libérale dévoile une ouverture d'esprit des plus égoïstes et intéressées quand dans le même temps, son père d'abord coincé dans le passé va parvenir à en faire table rase, par pûr amour.
*** fin du SPOILER

A la fin du film les personnages ne ressemblent pas forcément à ceux qu'ils figuraient au début. Sirk leur attribue par amour, une plus grande liberté qu'il n'y parait. Sirk aime ses personnages et leur laisse une chance. Profondément humain, ce cinéaste parcoure les faiblesses et les forces de l'humanité dans ce qu'elle a de plus saillant, il s'agit bien d'un genre de film tout à fait identifiable avec ces codes émotionnels, le mélodrame, mais il lui insufle une force de caractère et de personnalité incroyable. Tout le long en effet on ne sait jamais trop à quoi s'attendre, et quelle va être la voie qu'ils vont prendre. On a toujours ce sentiment diffus qu'ils sont libres comme l'air, de faire le bon ou le mauvais choix, peu importe.

Et cela malgré le casting disons pour le moins ordinaire dirais-je pour être gentil. A la notable exception de l'incroyable talent de madame Stanwyck encore une fois étincellante de justesse et d'assurance. C'est bon de voir jouer des acteurs de cette trempe. Pour le reste, que ce soit Carlson, la petite Nelson, etc... ils ne m'ont pas paru donner tout ce que les personnages pourtant très riches avaient à représenter. C'est le seul petit bémol.
Alligator
9
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le 8 févr. 2013

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