Réalisé par James Wong, coécrit avec Glen Morgan et Jeffrey Reddick, ce dernier étant à l’auteur du scénario original, « Final Destination » raconte l’histoire d’Alex Browning, un lycéen qui part en voyage à Paris avec sa classe. Mais juste avant le décollage, il a une prémonition et voit l’avion exploser. Pris de panique, il essaye d’avertir tout le monde, comme il le peut, mais il est débarqué, avec d’autres de ses camarades, victimes collatérales. Personne ne le croit vraiment, jusqu’à ce que l’avion s’envole et explose. Voilà un postulat d’une simplicité confondante, mais d’une efficacité assurée. À partir de là, se met en place un jeu de massacre où la Mort vient rappeler c’est qui le patron.
« Final Destination » premier du nom est un concentré d’Horreur fun made in 90’s, très proche de cette atmosphère que l’on peut retrouver dans les Scream-like de la période. Mais il y a une petite touche supplémentaire, certainement due à l’expérience de ses auteurs sur la série « X-Files ». Par moment, le métrage donne vraiment l’impression d’en être une version cinéma non officielle. Une séquence en particulier, avec des agents du FBI de nuit dans une forêt, éclairée par des lampes-torches, rappelle les aventures de Fox et Scully. Ça ajoute définitivement un charme au film, qui se démarque ainsi sensiblement des autres productions similaires de l’époque.
Les producteurs ont effectivement fait ce qu’il pouvait pour que le film rentre le plus possible dans l’ère du temps. Pour exemple, le scénario d’origine proposait la rencontre de sept étrangers, qui devaient s’unir pour faire face aux évènements. Mais avec le succès récent du Slasher, qui connaissait alors son second âge d’or depuis 1996 avec « Scream », la décision fut de prendre un groupe d’adolescents et y greffer ainsi une touche de Slasher. Et ça marche, sur les deux tableaux, « Final Destination » est une œuvre fantastique horrifique réussie et, de fait, l’un des Slashers les plus originaux depuis ses racines dans les années 1970.
Ce qui en fait un petit film génial, et certainement la raison pour laquelle il a marqué les esprits à l’époque, et dont on en parle encore 25 ans plus tard, c’est la manière dont les morts sont amenés, puis misent en scène. Un soin particulier est placé dans la recherche du moyen le plus tordu et cruel que la Mort va utiliser pour provoquer un accident. Au départ, c’est un peu timide, et plus le film avance et plus ça devient graphique, comme s’il saisissait peu à peu toute la puissance de son potentiel. Ça crée un suspens qui fonctionne, et de la menace invisible ressort une épouvante décuplée. La nature fantastique, et son inexplicable situation participent à l’exposition d’un mystère palpable, ce qui aboutit à la peur. Troquer le boogeyman pour la Mort elle-même c’est une idée toute conne, mais force est de constater que c’est une excellente idée. Il est assez peu étonnant que le concept fût décliné autant par la suite !
Et puis, pour terminer, il y a un petit truc en plus dans « Final Destination » c’est fait avant tout par de vrais passionnés du genre. Pour exemple, et ça deviendra ultérieurement une norme de la franchise, tous les personnages portent des patronymes en référence à des personnes reconnues pour leurs liens avec l’Horreur cinématographique. Alex Browning, le protagoniste, doit son nom à Tod Browning (réalisateur du « Dracula » de 1931 et de « Freaks » en 1932), Tod Waggner l’est par rapport à George Waggner (réalisateur de « The Wolf Man » en 1941), Larry Murnau d’après F.W Murneau (à qui l’ont doit le premier « Nosferatu » en 1922), l’acteur principal de « Nosferatu » Max Schreck donne son nom à l’agent Shreck, Blake Dryer se réfère à Carl Theodor Dryer (réalisateur de « Vampyr » en 1932), Howard Siegel d’après Don Siegel (réalisateur de « The Invasion of the Body Snatchers » en 1956), Billy Hitchcock d’après… Hitchcock ! Et pour finir, la professeur Valerie Lewton, se nomme d’après le producteur Val Lewton. Ce n’est donc pas moins de neuf protagonistes qui font référence à des piliers de l’Horreur cinématographique. Ça ne sert pas à grand-chose, mais ça situe « Final Destination » dans la grande tradition du cinéma d’Horreur, où il a complètement sa place.
Body Count : 5 (+ 287 si l’on inclut les passagers de l’avion au début)
-Stork._