Final Destination 5, Steven Quale, U.S.A, 2011, 92 min

En 2011, seulement deux ans après le quatrième film, débarque « Final Destination 5 », réalisé par Steven Quale et écrit par Eric Heisserer, deux nouveaux venus dans une franchise qui en avait besoin. Le récit prend cette fois comme protagoniste Sam Lawton, un jeune homme qui part faire du team building avec tous les cadres d’une petite entreprise. Ils sont tous embarqués dans un bus, lorsque celui-ci se retrouve pris au piège au milieu d’un immense pont qui se fissure et finit par s’effondrer. Patatras, c’était une prémonition, Sam prévient ses collègues, la plupart sortent du bus et parviennent à s’échapper du pont. C’est bien entendu le point de départ d’un jeu de massacre, car la Mort va venir regagner ces âmes miraculées une par une. Nous sommes bien dans un « Final Destination ».


Au bout du cinquième opus, il est vrai que l’attente s’amenuise légèrement, surtout quand le précédent volet semble avoir planté les premiers clous du cercueil de la franchise. Mais l’apport de sang neuf, avec un cinéaste et un scénariste qui livrent ici leur premier effort de la saga, permet à cette dernière de se relever. Le film est vraiment très bon, se plaçant facilement à la hauteur du tout premier, onze ans plus tôt. L’effondrement du pont s’avère particulièrement spectaculaire, anxiogène au possible (pour qui a déjà peur des ponts) et, en même temps, terriblement fun. Ce savoureux mélange commençait à faire méchamment défaut à la franchise.


« Destination Final 5 » s’amuse complètement avec un concept qui prête à l’audace. Lors des accidents mit en place par La Mort, un véritable suspens se dégage, mêlant fausse piste et cruauté sans pareil. Attendre de voir comment les enchaînements vont aboutir pour tuer tel ou tel personnage, devient un vrai plaisir à regarder. Relativement convenu dans les précédents épisodes (carrément banal dans le quatrième), ça redonne de l’intérêt à l’ensemble. Le danger revêt de multiples facettes et on ne sait jamais vraiment quand vont se déclencher les accidents, ni comment la Mort va collecter son dû. Nous sommes ici à des lieues de « Ha les bouteilles d’essence tombent et se renversent, juste à côté d’une bougie qui va enflammer le liquide et tout faire exploser ».


Ainsi, le métrage propose un peu de nouveauté dans une formule trop fort bien exécutée. Il arpente davantage les possibilités que permet un tel concept. Pour exemple, l’une des personnes échappées de l’accident se révèle avoir un mauvais fond, au point d’être prêt à tout pour survivre. C’est à se demander comment il a fallu attendre cinq films pour que cette piste soit explorée. Il y a des personnages négatifs dans les précédentes productions, comme dans le 3, où un survivant représente une menace à un moment, mais ce n’était pas spécialement exploité. Ici, ce personnage à de la texture, de la profondeur, il n’est pas juste un archétype de plus, c’est plaisant et ça donne un regain d’intérêt. Le film se fait plus agréable à suivre et n’hésite pas à prendre des directions surprenantes.

Les pièces gores sont fun, les séquences d’accidents sont diablement amusantes et efficaces, et, bien que les effets spéciaux ne sont pas tout le temps à la hauteur, ils sont compensés par la générosité de l’ensemble. Encore légèrement timoré, il y a pourtant bel et bien une tentative d’injecter plus d’humour dans le récit, afin de rendre le métrage moins sérieux, mais ce n’est pas assumé à 100 %, alors que le principe même de la franchise se prête à une approche plus comique et légère. En fin de compte ce métrage surprend également de ce côté-là, puisqu’il change de tonalité et finit par prendre une tournure beaucoup plus sombre, teintée d’humour noir, qui n’est pas sans rappeler le premier volet.


Le sang neuf était visiblement nécessaire, puisque « Final Destination 5 » se révèle comme l’un des tout meilleurs de la franchise. Les deux dernières séquences y sont pour beaucoup, car elles élèvent le film à un niveau encore supérieur à ce qu’il proposait jusque-là. La toute dernière offre une grosse surprise en particulier, faite pour ravir les fans de la saga. C’est haletant, c’est jouissif, c’est gore, c’est cruel, c’est sauvagement drôle, bref, ça remplit le contrat à la perfection et ça donne tout ce qu’il faut donner. C’est un véritable petit plaisir de cinéma d’exploitation horrifique, généreux et séduisant, qui permet à cette franchise de s’imposer comme l’une des entrées les plus sympathiques de l’Horreur cinématographique du XXIe siècle.


Toujours dans la tradition de la saga, les personnages principaux portent des noms qui font échos à de célèbres artisans qui ont marqué l’Histoire du Cinéma d’Horreur. Ainsi, le protagoniste Peter Friedkin, est nommé d’après William Friedkin, réalisateur de « The Exorcist » en 1973. Candice Hooper fait référence à Tobe Hooper, un Master of Horror reconnu surtout pour « The Texas Chainsaw Massacre » en 1974. Olivia Castle rappelle William Castle, un producteur excentrique et réalisateur de nombreuses œuvres devenues cultes.


Body count : 10 morts (+ 50 victimes lors de l’effondrement du pont)


-Stork._

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le 25 juin 2025

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