Avec Detour (2013), William Dickerson signe un premier long-métrage ambitieux mais inégal, qui tente de transformer une situation de survie en drame introspectif. L’idée — un homme coincé dans sa voiture, enseveli sous terre — est prometteuse, et la mise en scène réussit à créer une atmosphère oppressante, grâce à une utilisation habile de l’espace et du son.
Cependant, si la forme intrigue, le fond déçoit. Le film s’enlise dans une symbolique trop appuyée et un rythme trop linéaire pour maintenir l’intérêt. Neil Hopkins, bien que convaincant, peine à faire exister un personnage trop peu nuancé, et les flashbacks comme les introspections n’apportent pas la profondeur attendue.
Detour se veut un voyage intérieur, mais son manque de finesse narrative et émotionnelle le rend plus laborieux qu’émouvant. Un projet sincère, qui suscite la curiosité sans totalement convaincre.
Note : 5.5/10