Difficile de faire film plus bobo parisien, j'en conviens. Rien d'hyper-original non plus dans le propos, les conclusions, les différents personnages restant bien dans cette logique d'un cinéma presque élitiste, surtout adressé aux intellos et... aux parisiens (allez, disons franciliens!). Mais bon, même si je conçois que ce type de productions puissent laisser complètement indifférents voire agacer certains, il y a une malice, une sensibilité permettant à « Deux fils » de se laisser voir. Pour sa première réalisation, on sent chez Félix Moati un certain amour du cinéma, une connaissance de ce dernier, une envie de proposer quelque chose d'un peu différent, original, notamment à travers ses personnages principaux.
Certes, ces crises existentielles et autres réflexions sur soi-même ne sont nouvelles, mais au moins sont-elles traitées avec délicatesse, parfois humour et un certain sens de la répartie, à l'image des tentatives de drague quotidiennes de Joachim. Moati aime ses personnages, ne leur exempt pas de tout mais les comprend, compatit, pouvant compter sur le trio Vincent Lacoste - Benoît Poelvoorde - Mathieu Capella pour leur donner corps et humanité, sans oublier quelques beaux seconds rôles, notamment la toujours aussi charmante Anaïs Demoustier. Pas foufou, donc. Pas mal dans l'entre-soi, notamment littéraire. Mais donc aussi une volonté d'éviter certains écueils, d'offrir des protagonistes attachants par leurs maladresses et interrogations. L'un dans l'autre, pourquoi pas.